Gil Rodriguez

Tantôt complément, tantôt pièce autosuffisante d’une désarmante simplicité, l’omniprésent basique répond à un besoin. La ligne homonyme d’Eliana Gil Rodriguez, composée d’un éventail d’essentiels confectionnés à Los Angeles, est inspirée par la décennie formatrice que la designer passe au sein de l'entreprise American Apparel, alors dans sa version initiale. La pièce maîtresse de la collection? Un maillot de bain qu’on imagine bien placardé sur un panneau publicitaire, sur fond d’une grouillante intersection urbaine. Gil Rodriguez fuit quelconque réinterprétation opportuniste de son identité visuelle concise, en proposant plutôt des bodys, pulls à capuche et pantalons de survêtement coordonnés, t-shirts, shorts, leggings, débardeurs, et même une cape–tous dénués d’ornements ou de logos superflus. L’absence d’une signature aisément reconnaissable témoigne du modus operandi de la marque, selon lequel une certaine distance avec le battage médiatique des réseaux sociaux octroie force et authenticité. En se soustrayant au rythme frénétique du monde de la mode, Gil Rodriguez troque l’interchangeable pour l’irremplaçable.