Une fille,
quatre
semaines de
la mode

La rédactrice beauté, mannequin-muse et it girl avérée Tish Weinstock nous fait découvrir les hauts, les bas et les excès d’un mois passé à parcourir les semaines de la mode de chacune des grandes villes, une à la suite de l’autre.

  • Texte: Tish Weinstock
  • Photographie: Adam Powell et Tish Weinstock

Peut-être que j’aime souffrir, ou peut-être qu’après tout un été avec mes enfants, en manque de compagnie adulte et de looks élaborés, j’avais besoin de voir du pays. Toujours est-il que cette année, pour la toute première fois, j’ai participé aux quatre semaines de la mode: New York, Londres, Milan, Paris. Mille changements de tenues plus tard, je vous raconte comment ça s’est passé.

New York

Depuis quelques saisons, il me semblait qu’exception faite de celleux qui y vivaient, personne en Europe n’avait d’intérêt pour la semaine de la mode de New York. Le premier septembre, tout le monde est encore en vacances – à tout le moins en esprit –, se préparant à effectuer la douloureuse transition vers la rentrée des classes. L’idée de devoir prendre un vol outre-Atlantique, les jambes recouvertes de piqures d’insectes et des résidus de l’été plein les cheveux, n’a rien d’attrayant. C’est pourtant exactement ce que j’ai fait. Et croyez-moi sur parole, New York: on est de retour en force.

Dès l’arrivée, on remarquait immédiatement le changement d’ambiance. Ralph Lauren défilait dans les Hamptons, Alaïa dominait Manhattan et on rapportait que Rihanna et Madonna étaient en ville. De plus, dans l’anticipation des élections américaines, on assistait à une étrange convergence entre la mode et la politique.

Le premier soir, je suis allée au Waverly Inn pour célébrer la collaboration d’Alexa Chung avec Madewell. Je me souviens très bien de l’époque indie sleaze, durant laquelle je vivais à Londres. En mettant les pieds dans la machine à voyager dans le temps qu’était devenu le Waverly ce soir-là, j’ai eu un aperçu de la version américaine. Tout le monde faisait soit partie d’un groupe de musique ou gravitait autour d’un groupe de musique. Il y avait beaucoup de cheveux longs et ébouriffés, des jeans moulants et juste ce qu’il faut de cuir. C’était très confortable et discret; plutôt rafraichissant pour un évènement de la semaine de la mode. Pas d’influenceur·ses ni de séances photo. Juste de beaux garçons, de la bonne bouffe, des tonnes de cigarettes et une musique exceptionnelle, gracieuseté de Harley Viera-Newton, sur laquelle les gens dansaient avec abandon.

Le lendemain, je me suis rendue à mon essayage pour Collina Strada. Je ne sais pas trop pourquoi, mais il arrive encore qu’on me demande à moi, une vieillarde de 34 ans, de jouer les mannequins. C’était mon cinquième défilé, et mon tout premier dans la Grosse Pomme. C’était la première fois que je rencontrais la créatrice Hillary Taymour et sa styliste Jorden Bickham, et une fois arrivée à leur studio, je n’avais plus envie de partir. Mon look était composé d’une robe aquamarine légère et d’une paire de baskets teintes par trempage. Mi-sirène, mi-nymphe des bois.

Après mon essayage, je suis allée rencontrer l’artiste Aurel Schmidt – qui venait de réaliser les illustrations de mon livre gothique – chez Sant Ambroeus dans le West Village, où j’ai croisé l’entièreté de l’industrie de la mode. Tandis qu’un George Cortina très élégant s’en allait prendre l’apéro, Brenda Hashtag cherchait des toilettes pour enfiler son look Miu Miu. Same, girl.

En rentrant chez moi, je me suis arrêtée chez Lucien, rassurée par le fait que rien n’avait changé. Des hordes de jolis jeunes skaters débordaient dans les rues, tentant de se greffer à un groupe avec qui se rendre à la soirée Marc Jacobs x Highsnobiety. J’étais partagée entre l’envie d’y aller moi aussi, même si je dépassais largement la moyenne d’âge, et celle de rentrer à l’hôtel pour appliquer une compresse chaude sur mon œil et soulager l’orgelet qui commençait à s’y former. J’ai opté pour la seconde.

Jour de défilé. J’ai pris un taxi pour le défilé de Collina Strada qui avait lieu au NY Marble Cemetary. Le légendaire Dick Page était chargé du maquillage, et le sémillant Charlie Le Mindu des coiffures. Le look était minimal: une peau impeccable et lumineuse, des cheveux ébouriffés généreusement enduits de gel. Quant au casting, il s’agissait d’un mélange bigarré de mannequins, de chanteur·ses, de danseur·ses, d’artistes et d’acteur·rices, chacun·e apportant sa propre personnalité sur le podium. Deux tours sur la piste gazonnée, et c’était fini.

La journée avait été longue et j’avais très hâte de rentrer chez moi pour dormir, mais je me suis inexplicablement retrouvée au cœur du rave plein à craquer et dégoulinant de sueur de Thistle Brown et Gauntlett Cheng, avant de finir ma nuit dans un bar gai à une heure indécente, contemplant d’un regard amoureux le photographe Ethan James Green.

Je n’aurais pas dû sortir. Heureusement, le lendemain, je n’avais que le défilé KHAITE à l’horaire; l’évènement parfait pour clore mon séjour à New York. J’étais obsédée par mon ensemble, une tenue fluide de couleur anthracite avec une veste en cuir structurée et des chaussures en python jaune, idéales pour serpenter parmi la foule. Le défilé était un chef-d’œuvre de cool minimaliste; Cate Holstein à son meilleur. Mais on y trouvait aussi des looks plus doux, des pièces en crochet blanc et des robes en organza roses.

Ce soir-là, j’ai envisagé me rendre à la soirée de lancement du nouveau numéro du magazine MYTH, animée par Chloë Sevigny et Haley Wollens, mais je me suis heureusement ravisée. Mon vol partait tôt le lendemain matin et j’avais bien assez de la Semaine de la mode de Londres à anticiper avec un mélange de terreur et d’excitation.

Photos: Tish Weinstock.

Photos: Tish Weinstock.

Photos: Tish Weinstock.

Londres

J’adore Londres. Mais je m’aime davantage. Au lieu de me disperser, j’ai décidé de me limiter à une poignée de défilés, notamment celui d’Aaron Esh. À l’extérieur de l’espace de présentation, une foule de jeunes gens branchés tout de noir vêtus s’était rassemblée dans un nuage de fumée secondaire. Ils étaient là pour la deuxième collection d’Esh, et celle-ci n’a pas déçu. Tout était très rock n’ roll et heroin chic, avec une pointe de glam. L’ambiance en coulisses était si survoltée que je n’avais pas envie de partir. Mais il le fallait.

Prochain arrêt: Nensi Dojaka, et sa lettre d’amour à la robe de soirée parfaite. Toutes les filles d’Insta étaient présentes dans leurs plus belles tenues. L’ambiance, joyeuse et sophistiquée, m’a donné envie de prendre un verre. Imaginez ma déception quand, à mon arrivée à la soirée Vogue x Rabanne, on venait tout juste de finir le champagne. Avec le recul, toutefois, c’était sans doute pour le mieux; le défilé de JW Anderson, auquel je me suis rendue dimanche matin, ne faisait pas dans la dentelle. Entre la techno à plein volume et un véritable assaut de silhouettes architecturales, l’énergie aurait pu réveiller n’importe qui; disons simplement que j’étais reconnaissante de ne pas avoir la gueule de bois.

Dans la voiture, j’ai rapidement enfilé mon look 16Arlington – une tenue extravagante d’inspiration veuve noire avec des hanches sculptées – pour aller admirer la collection torride de Marco Capaldo avant de me changer à nouveau (mon pauvre chauffeur) dans une robe diaphane signée Simone Rocha agencée à des chaussures en fourrure et une pochette en forme de chien. Envoutant, gothique et romantique, le défilé de Simone Rocha était une réinterprétation scintillante de ses propres codes. Plus tard dans la soirée, j’ai fait une apparition à la soirée du magazine Perfect pour célébrer le nouveau numéro (où j’apparais en couverture, quel heureux hasard). C’est là que Stevie Sims m’a attaquée avec un micro et qu’Amelia Gray et son corps de déesse m’ont fait réaliser qu’il faudrait que je commence à m’entrainer. La fête battait son plein (des rumeurs de karaoké circulaient), mais j’avais des plans pour le souper. Je me suis donc éclipsée pour me rendre à la soirée Simone Rocha au Claridge’s, avec ses roses incrustées de sucre et ses miroirs enrobés de chocolat gracieuseté de Laila Gohar, où j’ai passé la nuit à faire des folies et à fumer des cigarettes avec Alex Consani et Jeremy O. Harris.

Journée Burberry! Après de nombreux courriels anxiogènes concernant la fermeture hâtive des portes du défilé, mon amie Olympia et moi avons sauté hors de la voiture au milieu d’un embouteillage et entrepris de sprinter jusqu’au National Theatre. Une fois arrivée, ruisselante de sueur et en proie à de légères palpitations cardiaques, avec mon trench couleur mousse et mes sabots de cuir, je me suis brièvement empêtrée dans la toile de Gary Hume avant de constater que quelqu’un était assis à ma place. Mais le défilé a commencé, et tout s’est bien déroulé. Jean. Alva. Edie. Kai. Toutes les filles de Burberry étaient là, et la rangée de devant était bordée par les divers rejetons d’Oasis. De quoi clôturer la Semaine de la mode de Londres en beauté.

Photos: Tish Weinstock.

Photos: Tish Weinstock.

Photos: Tish Weinstock.

Milan

Milan est une ville d’extrêmes. La nourriture est phénoménale – pizza! pâtes! tiramisu! – mais la circulation est atroce et le réseau automobile, contrôlé par la pègre, est complètement fou. Mon entrée à la semaine de la mode de Milan s’est faite en douceur: une présentation pour Maccapani, la nouvelle marque de Margherita Missoni, au cours de laquelle mon amie Joséphine et moi, ainsi qu’un groupe de personnages hauts en couleur, avons pu nous prélasser dans une superbe maison milanaise, à faire de l’art et à raconter des conneries – s’attirant maintes fois les foudres de la personne responsable des chorégraphies. Pour quelqu’un qui souffre d’un furieux trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, rester dans la peau de son personnage et ne pas parler aux passants était un sacré défi, mais il n’y a rien de trop beau pour Missoni. J’ai songé à aller à la soirée Prada, ce soir-là, mais j’ai décidé d’être sage. C’est qu’elle gagne en maturité.

Le lendemain, tout était Gucci, baby. Le défilé était lit, au sens Gen Z comme au sens strict, et la passerelle du somptueux Triennale Milano était inondée de lumière rouge. Avant le défilé, les gens s’interpelaient en se criant des sottises d’un côté et de l’autre de la piste, dans une ambiance amusante et conviviale à l’image de la finale du défilé, durant laquelle tous les mannequins ont dévalé la passerelle en dansant au son de ce qui ne pourrait être décrit que comme un hymne italien classique.

Ce soir-là, j’ai assisté au défilé Versace, qui était tout ce que je rêvais d’être: sexe et glamour. Regarder Vittoria, Gigi, Iris et Mona glisser sur le podium fut un honneur et un privilège que je n’oublierai pas de sitôt. Je me suis ensuite rendue au diner Jimmy Choo chez Sant Ambroeus où, quelques heures plus tôt, j’avais déjeuné avec Maximilian Davis, Paloma Elsesser et l’équipe de Ferragamo. Après une formidable assiette de paccheri, j’étais prête à rentrer à l’hôtel. Je me suis néanmoins retrouvée à l’afterparty de Gucci – une décision que je finirais par regretter. La soirée battait son plein; tout le monde se pressait autour d’une piste de danse improvisée. Sabato De Sarno, derrière la cabine du DJ, s’amusait comme un fou. Je préfère ne pas savoir à quelle heure la fête s’est terminée, alors restons-en là.

Le lendemain, je me suis rendue au défilé de The Attico, où se trouvaient quelques fêtards aux yeux cernés rencontrés la veille, mais toute l’anxiété du lendemain de veille s’est dissipée dès le début du défilé, où on a pu voir des coiffes en plumes comme celles des showgirls et des robes de chambre quasi invisibles faites de délicates toiles de cristal. Franchement éblouissant.

Ce soir-là avait lieu la soirée cocktail de Ferragamo, où je m’étais promis de ne pas boire. Je n’ai pas tenu ma promesse. Mais pour ma défense, au point où j’en étais, un verre de plus ou de moins... Entrainée par un grand groupe de gens, dont le séduisant styliste Marc Forné, je me suis retrouvée à l’afterparty de Ferragamo et j’ai commencé à parler à une bande de skaters mineurs qui m’ont rapidement fait comprendre qu’il était grand temps pour moi de rentrer à la maison. Ciao pour le moment, Milan.

Paris

Après un petit 24 heures à refaire connaissance avec mes enfants, j’étais sur l’Eurostar direction Paris avec le reste de l’industrie de la mode. Mon premier évènement était le défilé de Dior. Ma tenue était très sobre, très Française: une robe portefeuille noire aux épaules dénudées et un collier de perles ras du cou. Mes chaussures compensées monochromes et mes chaussettes noires (une combinaison mortelle sur les rues pavées) lui apportaient une petite touche subversive. Le décor peint d’un bleu ciel avait un effet apaisant, en contraste avec les vestes de cuir et les rythmes techno retentissants.

Ce soir-là, je suis allée au Ritz pour retrouver des ami·es autour d’un verre, qui s’est transformé en plusieurs. L’endroit idéal pour observer les gens et échanger des ragots sur les chaises musicales de la mode.

Paris est en feu, mais il y pleut en même temps, ce qui complique légèrement les choses. Heureusement, la pluie n’a pas semblé perturber le défilé de Chemena Kamali chez Chloé, qui était époustouflant. Une orgie de froufrous, de dentelle féminine et de chiffon. J’y portais une superbe robe d’inspiration déshabillé rétro dans un joli gris ciel, mais ma tenue pour le souper de ce soir-là chez Lapérouse était encore plus belle. C’était une magnifique robe fauve des années 70 avec des volants à n’en plus finir et une infinité de franges flottantes. Un peu Stevie Nicks, un peu fée bohème. Est-ce que j’avais peur de renverser quelque chose dessus? Oui. Mais pas assez pour ne pas profiter du moment. Le diner était comme un retour en 2008; les cheveux ébouriffés de Sienna Miller étaient ébouriffants, tout comme ceux de Kamali. Et d’Inez van Lamsweerde. La soirée a pris son envol quand les shooteurs sont sortis, suite à quoi on s’est installé dans une banquette confortable et on a commencé à chanter sur Goodbye Horses de Q Lazzarus. Cette soirée m’a fait prendre conscience de plusieurs choses: je veux arrêter de me lisser les cheveux, je devrais apprendre les paroles des chansons pour vrai et Mel Ottenberg, le daddy de la mode, est incroyablement sexy. Mais ça, vous le saviez déjà, n’est-ce pas?

Nous sommes samedi et je me commets de mon mieux au thème équestre dans une paire de sabots de cheval à queue Alexander McQueen assortis à un haut en velours noir et à une jupe en mousseline dont la doublure semble contenir des crins de cheval. C’est le défilé McQueen auquel on accompagne ma belle-sœur Daphne, muse originelle de Lee Alexander McQueen, ce qui me donne l’impression de boucler une boucle. Le défilé était sensationnel. Shotgun sur le look final. Après ça, je suis allée faire un tour à la soirée Alessandra Rich x Purple Magazine à l’Hôtel Amour pour déguster un vin bio et des tacos au bœuf avant de rentrer me mettre au lit.

Jour 6849, je suis toujours à Paris. Aujourd’hui se déroulent le défilé Isabel Marant, le souper de lancement du troisième numéro de System et la soirée 71 Gin de Mert Alas et Tasso Ferreira, où Lila Moss fête également son anniversaire. FML. J’ai besoin d’une lobotomie ou d’une injection de B12, mais je n’ai accès à ni l’une ni l’autre. Le défilé Isabel Marant était fabuleux, mais j’étais trop légèrement vêtue et c’était à l’extérieur. Pas idéal. Je tente de me réchauffer en buvant de grandes quantités de vin au souper de System. Il s’agit d’un numéro consacré aux mannequins, dirigé par Piergiorgio Del Moro. Un·e invité·e sur deux était donc mannequin, ce qui était intéressant à voir dans un contexte non professionnel. Je confirme: Angelina Kendall est un ange dans la vraie vie. Prochain arrêt: Le Bristol, où Mossy séniore menait la charge sur la piste de danse. Trop de gin plus tard, j’ai failli être entrainée dans un afterparty à l’hôtel Costes. Ces gais tentent de m’assassiner.

Mon mari et moi nous réveillons avec l’impression d’être à l’article de la mort: un cas classique d’influenza de l’influenceur·se. Je n’ai pas le temps d’aller à la pharmacie, car le défilé Stella McCartney est à 10 heures. Il se déroule lui aussi à l’extérieur, mais heureusement, je porte un gros manteau non végétalien (désolée Stella!). C’est à ce moment-là que j’annule le défilé Coperni x Disney (une décision que je regretterai à jamais) parce que ça impliquerait de revenir un jour plus tard. Je suis fatiguée, malade et mes enfants me manquent.

Ce soir-là arrive enfin le moment que j’attendais: la projection secrète de Nighthawk de Maison Margiela, un film de John Galliano sur sa collection de couture emblématique et historique inspirée du Paris nocturne. Le théâtre est inondé d’une sinistre lumière rouge, qui souligne à merveille la robe en chiffon inspirée des années 30 que Lexy, le copain de Galliano, a choisie pour moi. On nous avait dit, plus tôt dans la journée, que nous avions une tâche spéciale à accomplir pendant la projection: placer un coussin sur l’un des sièges après que les mannequins Lulu Tenney et Leon Dame se soient levés à la moitié du film, une mission que j’ai prise très, très au sérieux. L’œuvre en elle-même était exceptionnelle. J’y fais d’ailleurs une apparition surprise dans une scène en mode envers du décor filmée lors d’un shooting avec Galliano et Paolo Roversi pour le magazine LUNCHEON (bientôt dans un kiosque près de chez vous). La projection s’est terminée vers 22 heures. La nuit était jeune et remplie de noirceur, mais mon mari et moi avons pris la judicieuse décision de rentrer à la maison. À ce stade, j’avais vu tous les gens que je voulais voir et je n’avais plus l’énergie de bavarder. J’étais sur la route depuis environ un mois, j’avais changé de tenue un nombre incalculable de fois et, finalement, tout ça venait de me rattraper. Et de toute façon, il y a toujours la saison prochaine.

  • Texte: Tish Weinstock
  • Photographie: Adam Powell et Tish Weinstock
  • Date: 8 octobre 2024
  • Traduction: Gabrielle Lisa Collard