S’habiller pour la vie avec Sandy Liang

On the occasion of her new Rizzoli monograph, ‘Dressing Up: Sandy Liang,’ the designer reflects on building her brand and the future of the “Sandy Girl.”

  • Par: Delia Cai

Il faut beaucoup de travail pour transformer les rêves en réalité, mais c’est précisément ce que fait Sandy Liang, créatrice new-yorkaise, saison après saison depuis plus de dix ans pour celles et ceux qui partagent son goût pour la féminité assumée. Sa marque éponyme, lancée en 2014 après l’obtention de son diplôme à Parsons, est depuis devenue moins connue comme une marque du downtown new-yorkais proposant des vêtements ultra-féminins — souvent ornés de plis, de rosettes et, bien sûr, de nœuds — que comme le symbole de cette vague de féminité « rose princesse » qui a envahi la culture visuelle actuelle.

Aujourd’hui, même s’il n’est pas absolument nécessaire d’enfiler l’une de ses ballerines Mary Jane en satin ni d’arborer ses rubans en faille au-dessus d'une frange rideau pour adopter l'allure d'une « Sandy girl », il est impossible de sous-estimer l’influence que Liang et sa marque ont exercée sur le style des milléniaux et de la génération Z. Le mois prochain, au moment même où les It-girls new-yorkaises ressortiront leurs jupes plissées et leurs pulls pour la Fashion Week, Liang publiera chez Rizzoli une monographie de 276 pages : Dressing Up: Sandy Liang, un regard intime au cœur de la dernière décennie de la vie et du travail de la créatrice.

Lorsque je rencontre Liang dans son studio en sous-sol sur Rivington Street, la designer de 35 ans porte l’une de ses robes tabliers Mott blanches, imprimée d'éléphants eux-mêmes coiffés de nœuds, avec des Birkenstock et des strass collés sous les yeux. Nous sommes entourées de l’agitation prévisible des préparatifs d’avant la Fashion Week de New York ; l'endroit oscille entre le dressing d'une poupée et un laboratoire ultra-confidentiel. Il n’y a littéralement aucun endroit où s’asseoir ; Liang réalise toute cette entrevue debout.

Elle se comporte avec une sorte de professionnalisme imperturbable : aucun mouvement d'impatience, un regard franc et direct, en parfaite symbiose avec son environnement. Au moment où j’allume mon application Dictaphone pour enregistrer notre conversation, Liang repère immédiatement le nom de Lena Dunham (« Lena Dunham ! » lance-t-elle), que j’avais interviewée récemment. Je me suis dit que non seulement elle devait avoir une vue perçante, mais qu’aucun détail ne lui échappait.

Dressing Up est un témoignage incontestable des douze années de travail quasi ininterrompu de Liang. On y retrace toutes les étapes majeures de la marque, notamment le lancement de ses polaires virales en 2019, l’ouverture de sa boutique phare d’Orchard Street en 2020, le lancement de ses lignes de robes de mariée et de chaussures en 2022, ainsi que ses collaborations avec Salomon et Baggu en 2023, puis avec Gap en 2025, qui sont immédiatement devenues des incontournables. L’ouvrage nous offre non seulement un tour d’horizon des séances photo et des défilés de la marque, mais aussi des clichés pris sur le vif avec un iPhone, des souvenirs des coulisses et des instantanés de la vie personnelle de Liang, qui a grandi et est devenue mère à son tour.

À un moment de la conversation, lorsque je demande à Liang quel jalon lui a procuré l’ultime sentiment du devoir accompli, elle me confie ne l’avoir jamais vraiment ressenti — du moins, pas avant de s’être attelée à la conception de Dressing Up. « C’est peut-être l’un des seuls moments où j’ai éprouvé cela : en découvrant la première ébauche », explique-t-elle. « Je me suis sentie très accomplie, et fatiguée d'une bonne fatigue. En me disant : “Mon Dieu, j'ai vraiment accompli beaucoup de choses.” »

Photo de Maya Spangler. Photo ci-dessus de Phoenix Johnson.

Delia Cai

Sandy Liang

Te rappelles-tu du tout premier moment où tu as eu l’envie de devenir designer ?

Je pense que c'était lié à mes Barbies. Je n'avais pas de vêtements de rechange pour elles ; elles n'avaient que cette unique tenue. Et ma grand-mère est couturière ; elle travaillait dans une de ces usines de Chinatown, où l’on confectionnait d'ailleurs des pièces pour Victoria's Secret. Elle m'a emmenée au travail un jour, et j'ai eu cette idée : « Oh, mais je peux fabriquer des robes. » Tout cela s'est mélangé à la féerie de regarder Sailor Moon et, honnêtement, au fait d'avoir grandi à l'époque de MTV et des tapis rouges.

S'il y a eu un déclic, c'est ce jour de l’école secondaire où ma mère a enfin accepté de m'acheter mon tout premier numéro de Vogue dans la file d'attente du supermarché. Elle a cédé uniquement parce que c'était une bonne affaire. C'était l'édition de septembre 2003, j'étais donc au premier cycle du secondaire. Je me souviens que c'était Nicole Kidman en couverture. Et là, je me suis dit : « Et si je travaillais dans la mode un jour ? » Tout le reste me semblait tellement ennuyeux.

Cette monographie capture à merveille l'esprit DIY des premières années de la marque, à l'époque où tu collais toi-même tes affiches dans la rue. Qu'est-ce qui te manque de cette période ?

Ce monde de la mode me manque. Ce n'était pas une époque où il suffisait de publier quelque chose sur Instagram pour qu'une célébrité le porte et que vous ayez soudainement une marque. Il y avait une tout autre façon d'aborder les choses. Non pas qu'il y ait quoi que ce soit de mal dans la façon dont cela se fait aujourd'hui. C'est même plus ouvert maintenant, ce qui est agréable, parce que c'était vraiment difficile au début, ne serait-ce que pour monter un défilé.

Nous sommes toujours aussi débrouillards, mais je suis le genre de créative qui a véritablement besoin d'un cadre. Et quand j'étais plus jeune, les limites s'imposaient d'elles-mêmes parce que je ne connaissais que ce que je connaissais. Chaque année qui passait m'en apprenait davantage, mais cela générait aussi plus de travail. C'est un engrenage. Alors oui, cette naïveté me manque, ou du moins le fait d'avoir l'excuse de l'être.

Quelle a été la partie la plus difficile au moment de lancer ta marque ?

C'était stressant d'essayer de concevoir une collection stimulante sur le plan créatif tout en cherchant à satisfaire les acheteurs, en gérant une entreprise et en veillant au roulement de trésorerie. L'un de mes premiers clients était Opening Ceremony, et ils m'ont demandé un catalogue de vente. Je me suis dit : « Je ne sais absolument pas ce que c'est. » J'avais créé la collection, mais je n'avais aucune idée de la manière de la tarifer.

Heureusement, après avoir présenté ma première collection à Paris, il y avait une femme assise à côté de moi lors du vol de retour. Je lui avais demandé si nous pouvions échanger nos sièges, parce qu'elle était côté couloir et que j'avais mes règles. Je lui ai dit : « Je ne veux pas vous déranger, car je vais devoir faire des allers-retours aux toilettes. » Et elle m'a répondu : « Non, ça ne me dérange pas du tout de me lever. » Puis elle m'a demandé : « Qu'êtes-vous venue faire à Paris ? » Nous avons donc commencé à parler de mode. Elle travaillait dans un showroom et m'a ensuite présentée à Christine Park, qui est devenue ma mentore pendant un moment. Elle travaillait auparavant pour Steven Alan. C'est elle qui m'a appris les ficelles du métier et s'est montrée d'une générosité incroyable avec son temps. Elle m'a montré : « Regarde, voici comment on évalue le coût d'une collection. C'est ainsi qu'on gère ses usines. »

Photo de Phoenix Johnson

Photo de Steven Yatsko

Depuis, y a-t-il eu un moment précis où tu t'es dite : « Ça y est, ça va marcher. Ça va devenir énorme » ?

Ce n'est toujours pas arrivé. Je pense que la reconnaissance d'autres marques qui se disent : « J'adorerais collaborer avec vous », fait vraiment du bien. Mais je suis le genre de personne qui n'est jamais satisfaite. C'est sans doute lié à mon éducation ; il n'y avait jamais de moment pour célébrer. On passe toujours à la suite, ce qui, d'une certaine manière, alimente toute cette aventure, car cela correspond parfaitement à la nature même de la mode.

En y réfléchissant bien, c'était peut-être lors de ce premier vol en 2014, au retour de Paris vers New York après la présentation de ma toute première collection. Je me souviens qu'il y a eu des turbulences et je me suis dit : « Si cet avion s'écrase, au moins je pourrai me dire que j'ai créé une collection et que les gens l'ont vue ! »

En repensant à toutes ces années, as-tu une collection préférée ?

Ce qui a rendu la création de ce livre si spéciale — bon, je viens de te dire que je ne suis jamais satisfaite, mais l'un des rares moments où j'ai ressenti cela, c'est en regardant la première ébauche. Je me suis sentie très accomplie et fatiguée d'une bonne fatigue. En me disant : « Mon Dieu, j'ai vraiment accompli beaucoup de choses. »

Le tout premier lookbook, Resort '17, a été photographié dans la rue de mon enfance. Nous sommes allés à Bayside, dans la maison où j'ai grandi. C'est un lookbook très cher à mon cœur. Je dirais aussi la collection Printemps '23, parce que c'était la première fois que j'avais l'impression de présenter un vrai défilé. C'était la première fois que je collaborais de très près avec Dean DiCriscio, mon styliste, pour créer un véritable univers et ne pas me limiter à cause du budget.

Tu travailles avec Dean depuis 2021. Comment votre relation a-t-elle vu le jour ?

Je regardais le compte Instagram de Petra Collins un jour, et Dean y était identifié parce qu'il avait travaillé sur un projet avec elle. Je cherchais un styliste pour la séance photo de mon prochain lookbook ou pour un défilé, et je lui ai demandé : « Ça te dirait qu'on travaille ensemble ? » Il m'a répondu : « Je suis partant. » Il était basé à New York à l'époque.

Je suis quelqu'un de très insouciante. J'aime être une rêveuse. Mais j'ai aussi ce côté très pragmatique : « Pas question de niaiser. C'est du sérieux. » Et quand j'ai rencontré Dean, il avait lui aussi cette facette rêveuse et désinvolte. Mais au moment de créer les looks, il devenait extrêmement rigoureux et me disait : « Sandy, je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit parce que je me demandais ce qui se passerait si elle portait ce sac plutôt que celui-là ? » C'est là que j’ai eu une révélation, le sentiment d'avoir trouvé mon égal.

As-tu des collections que tu aimes moins ?

Il y a eu beaucoup de collections à mes débuts où, si un acheteur franchissait la porte et me faisait une critique, je la prenais terriblement à cœur. On tend à oublier ce qu'on a appris à l'école ou ce que signifie « être créatif » quand on lutte simplement pour survivre, parce qu'on se dit : « Je veux juste gagner assez d'argent pour financer la prochaine collection. » Et puis on tombe dans le piège d'écouter les acheteurs, alors qu'ils ne parlent que de viabilité commerciale. Je pense qu'une partie de moi a trop prêté l'oreille à leurs remarques. Aujourd'hui, bien sûr que je veux toujours vendre des pièces — au fond, cela reste une entreprise. Mais mes exigences quant à ce qui peut voir le jour sont bien plus élevées.

Photo de Simon Rasmussen.

Comment vois-tu l'évolution de la « Sandy girl » au fil du temps ? La vois-tu comme une entité unique qui grandit, ou plutôt comme un ensemble de filles différentes ?

Je la vois comme moi-même, mais dans une version idéale. Les gens me demandent toujours : « Qui est ta cliente ? Pour qui crées-tu ? » La vérité, c’est simplement toi et moi. Qu’est-ce qui te plaît ? Qu’est-ce qui me plaît ? Et c’est tout.

Dès les tout premiers jours de la marque, j'ai su qu'il serait fascinant de la voir grandir, parce que cela accompagnait mon propre cheminement. Et peut-être que Sandy Liang existera encore quand elle aura 45 ans. À quoi cela ressemblera-t-il ? Peut-être qu'elle sera encore là à 60 ans. Et à quoi ressemblera-t-elle à ce moment-là ? Désirera-t-elle toujours ceci ? [Elle désigne une culotte bleue ornée de rubans à proximité] Peut-être ! Ou peut-être qu'elle sera complètement différente. Peut-être qu'elle ne s'intéressera plus du tout à la mode et qu'il sera alors temps de tirer sa révérence. C'est amusant parce que c'est une aventure très personnelle. Chaque collection est le reflet de ce que je vis au moment présent. C'est tout ce que je peux faire. C'est tout ce que je sais faire.

Lors de notre toute première rencontre il y a deux ans, pendant un dîner pour Anna Sui, tu venais d'accoucher de ton fils, Rainer. Nous avions évoqué le fait que tu n'avais pas vraiment pris de congé de maternité. Je me demandais comment tu percevais ton rapport à ton entreprise depuis.

J'essaie simplement d'être beaucoup plus bienveillante envers moi-même aujourd'hui. Avant d'avoir un bébé, je ne réalisais pas qu'on ne peut pas — ou qu'on ne devrait pas — reprendre le travail avant d'être vraiment prête. Je pense que je me suis imposé cette pression parce que je me disais : « C'est ma marque, je dois être là », ou « Comment peuvent-ils faire un essayage sans moi ? » On vit ces expériences, puis on évolue et on apprend. Au début, je me disais : « Pourquoi ai-je fait ça ? » Et maintenant je me dis simplement : « Je l'ai fait, et la prochaine fois, je ferai autrement. »

La maternité a-t-elle modifié ton regard sur l'enfance et la nostalgie ?

Cela fait remonter énormément de choses. En élevant ce tout-petit, je repense à ma propre enfance et à ses moments les plus précieux. Le voir simplement heureux, sans se soucier du regard des autres ni craindre d'être jugé, c'est tellement beau et inspirant.

Aimerais-tu créer des vêtements pour enfants un jour ?

Je trouve que ce serait vraiment génial. Je suis simplement très réaliste quant à ce que je peux gérer, et je sais que créer des vêtements pour enfants, c’est tout un monde en soi. Il y a toutes sortes de réglementations à respecter. Mais un jour, j'adorerais tenter l'expérience.

Photo de Daria Rich.

Dans le livre, c'est charmant de voir des photos de ton quotidien — tes voyages, ton mariage, ta grossesse — entremêlées avec les clichés des collections et de l'univers Sandy Liang de l'époque. La marque est manifestement un projet très autobiographique. Mais aujourd'hui, en 2026, ressens-tu parfois une certaine hésitation à partager cette partie de ta vie privée dans le cadre de la griffe ?

Non. Si quoi que ce soit, cela nourrit la marque, parce que c'est véritablement ainsi que fonctionne mon esprit : lorsque j'étais enceinte, je pensais à ceci. Quand je préparais mon mariage, je pensais à cela. Ce genre de démarche a toujours été très naturel pour moi.

Et ta famille a toujours fait partie de l'histoire et de l'image de la marque — jusqu'à ta grand-mère, célèbre pour ses apparitions dans tes campagnes. Ils ont donc toujours compris ton rêve ?

Oh que oui. J'ai fréquenté une école secondaire très axée sur les mathématiques et les sciences, et même à cette époque, je me disais : « Oh, je veux devenir styliste, mais ce n'est pas un vrai métier. Je vais donc étudier l'architecture parce que je ne suis pas douée en maths, mais j'adore dessiner. » Mais quand j’ai changé d’orientation, littéralement après un seul semestre à la RISD, alors que je n’étais même pas encore en architecture. J’étais vraiment triste de quitter New York pour la première fois. Le chez-moi me manquait énormément. Je me rappelle que Teen Vogue avait sorti un livre, The Teen Vogue Handbook: An Insider’s Guide to Careers in Fashion, et je me souviens l'avoir commandé en me disant : « Oh, je veux vraiment faire partie du monde de la mode. » Je suis donc rentrée un week-end et j'ai dit à mon père : « Je suis tellement malheureuse à Providence. Je veux revenir. Je veux faire un stage. Je veux voir où cela peut me mener. » Et il m'a simplement répondu : « D'accord. » Je lui en serai toujours reconnaissante.

J'aimerais t'interroger sur ton influence sur les tendances esthétiques actuelles. Qu'est-ce que ça fait d’être l’une des principales figures — voire la créatrice phare — de cette vague d'esthétique « coquette-core » très féminine ? Cela t'agace-t-il de voir les nœuds et cette féminité décomplexée se généraliser ?

Je suis sincèrement flattée qu'on m'associe à ce mouvement. J'ai vu passer des mèmes montrant un lézard affublé d'un nœud, que les gens appelaient le « lézard Sandy Liang ». Même mes propres amis me disent parfois : « Tu devrais faire une collaboration avec une marque de papier de toilette. Tu n'as qu'à y apposer un nœud rose. »

Je suppose que la seule pointe d'irritation vient du fait que certains se disent : « Ah, il suffit d'ajouter un nœud rose sur n'importe quoi ? » Et c'est très bien si c'est ce que la culture populaire veut en faire. Mais de mon côté, je ne cherche pas à suivre la tendance ou à avoir un coup d'avance. Quand j'ai imaginé la ballerine Mary Jane façon pointe, c'était un projet sur lequel je travaillais depuis très longtemps. Je savais que ma première chaussure devait être fabriquée en Italie, alors j’ai trouvé des gens qui m’ont aidée à dénicher une usine là-bas, et nous avons travaillé pendant deux ans à mettre au point la forme du bout. Quand nous avons changé d’usine et que la première production a enfin été lancée, le « balletcore » est arrivé au même moment, par hasard. Je crois qu’on m’en a attribué le mérite, ou qu’on m’y a associée, mais je me suis simplement dit : « Ça fait deux ans que je travaille là-dessus. »

L'utilisation du nœud provient, encore une fois, de ce désir d'enfance d'être une princesse, et de ces éléments naïfs comme dessiner un nuage, une fleur, un cœur, une étoile, un nœud. C'était tout simplement ce que je dessinais et qui me faisait rêver. Et si je continue avec les nœuds mais qu'ils ne sont plus à la mode ? Ça me va très bien aussi. Ou peut-être que je serai moins attirée par eux et qu'ils passeront au second plan.

C’est justement une question que je me posais : que se passera-t-il lorsque cet engouement pour les nœuds sera passé ?

Je pense que c'est l'énergie véhiculée par le nœud qui importe, et non le nœud en lui-même.

Plus tôt cette année, j'ai remarqué que tu avais signé avec une agence d'artistes. Qu'est-ce que cela représente pour toi ?

Je ne cherchais pas particulièrement cela. Une autre agence m'avait contactée, alors j'ai accepté un rendez-vous et je me suis dit : « Oh, c'est donc comme ça que ça se passe ? » Je ne connaissais absolument rien à cet univers, à part ce que j’en avais vu à la télévision dans Entourage, ce qui n’est pas vraiment un exemple de référence. Puis j’ai rencontré l’équipe avec laquelle je collabore aujourd’hui. Je leur ai dit : « J’ai toujours tout négocié moi-même, mais j’arrive à un stade de ma vie où je peux essayer de tout faire moi-même sans grande efficacité, ou choisir de demander de l'aide. »

La dualité dans ta manière d'aborder le milieu de la mode est fascinante. C’est tout à fait Sandy Liang : un mélange de poésie et de pragmatisme.

C’est comme ma mère quand je grandissais. Elle portait toujours les tenues les plus informes et les plus confortables. Et je me disais toujours : « J'aimerais tellement avoir une mère stylée qui met du rouge à lèvres et s'habille de façon élégante. » Et avec le temps, j’ai appris à apprécier cette sensibilité du type : « Je suis à l'aise, mais je peux aussi porter une robe. » J’ai toujours aimé cette idée de porter une robe tout en restant capable de tout faire. Pourquoi le fait de porter une robe devrait-il nous restreindre ? J’adore ce concept de s'habiller pour la vie de tous les jours. J'adore le cinéma et, un jour, j'aimerais beaucoup faire de la création de costumes ou tout simplement en apprendre davantage sur cet univers. Cette idée de s'habiller pour le film de sa vie, ou pour l'épisode qu'on est en train de vivre, est très inspirante pour moi.

Delia Cai est une autrice et journaliste basée à New York. Elle est la rédactrice de Deez Links, une infolettre consacrée aux médias et à la culture.

  • Par: Delia Cai
  • Images gracieusement fournies par: Rizzoli
  • Date: 27 août, 2026