Wim Wenders, héros de
la mode?

Le légendaire cinéaste se positionne depuis longtemps contre l’ostentatoire, mais les designers les plus avant-gardistes de l’industrie ont souvent trouvé en lui un collaborateur hors pair et essentiel.

  • Texte: Louis Almond

«La mode... Je n’ai rien à voir avec ça.»

Voilà des mots prononcés par le réalisateur Wim Wenders dans son documentaire Carnet de notes sur vêtements et villes (1989), un portrait méditatif du légendaire designer japonais Yohji Yamamoto. Au premier abord, on pourrait trouver cette déclaration étrange. Après tout, le cinéaste a participé aux défilés de plusieurs personnes qui travaillent dans l’industrie, mais il a aussi collaboré avec elles – et souvent braqué l’objectif de sa caméra sur elles. «C’est le monde qui m’intéresse, pas la mode… Mais peut-être ai-je jugé trop précipitamment», poursuit Wenders dans son film. Depuis, le réalisateur a continué d’entretenir un rapport riche en évènements avec le milieu.

Récemment, lors de son défilé automne-hiver 2024 qui a eu lieu en janvier, le designer et fondateur de la griffe UNDERCOVER, Jun Takahashi, a demandé à Wim Wenders de lire un poème de son cru intitulé Watching a Working Woman (Observer une travailleuse). Les modèles ont donc marché sur la passerelle pour dévoiler les jeans et gilets de Takahashi pendant que Wenders racontait leur histoire: «40 ans, mère d’un enfant, célibataire, travailleuse.» Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que les deux artistes collaboraient puisque Takahashi a utilisé la trame sonore du film Les ailes du désir (1987) – une œuvre allégorique de Wenders sur la vie et la mort dont l’action se déroule à Berlin – pour mettre en musique sa présentation printemps-été 2024.

Par courriel, Jun Takahashi explique ceci: «Le thème de notre collection étant le “quotidien”, j’ai demandé à M. Wenders de rédiger un poème évoquant son film Les jours parfaits [2023], lequel dépeint des moments ordinaires de la vie. J’ai toujours adoré les œuvres de Wim Wenders, comme Les ailes du désir et Paris, Texas [1984]; je les ai visionnées à plusieurs reprises. Les jours parfaits, son dernier long métrage, m’a profondément interpelé. Qu’une personne comme Wenders, qui crée des œuvres d’art d’une immense portée, nous écrive un poème et le lise pour nous a été un véritable honneur.»

Wim Wenders avec Werner Herzog en 1976. Photo: © Caterine Milinaire/Sygma via Getty Images. Sur l’image du haut: Wenders défile dans la collection masculine automne-hiver 2024 de Yohji Yamamoto lors de la Semaine de la mode de Paris. Photo: Francois Durand/Getty Images.

Depuis plus de cinq décennies, les critiques de cinéma comme les universitaires ne tarissent pas de ce genre d’éloges à l’égard de Wenders. Le réalisateur né à Düsseldorf en 1945 a réalisé en 1970 son premier long métrage, Summer in the City, avec lequel il traitait déjà de ses sujets de prédilections: un personnage qui erre et qui se sent aliéné, des paysages urbains magnifiquement filmés et la culture d’une Amérique fantasmée et idéalisée. Les œuvres de la génération dont Wim Wenders fait partie, avec Werner Herzog et Rainer Werner Fassbinder, s’inscrivent dans le mouvement du nouveau cinéma allemand. Wenders s’est imposé sur la scène internationale sept ans après ses débuts avec L’Ami américain (1977), une adaptation idiosyncratique du roman policier Ripley s’amuse (1974) écrit par Patricia Highsmith. Avec ce film noir, le réalisateur s’est autant intéressé à l’histoire du septième art qu’au crime et à la psychologie.

Kōji Yakusho et Wenders à la 96e cérémonie des Oscars en 2024. Photo: Jeff Kravitz/FilmMagic via Getty Images.

Wim Wenders ne s’est pas contenté de lire de la poésie à Paris cette année; il a aussi marché sur la passerelle lors du défilé de Yohji Yamamoto et a porté pour l’occasion deux tenues, dont un ensemble audacieux composé d’une veste de pêche taillée sur mesure, d’un pantalon bouffant et écourté emblématique retenu par des bretelles, d’une canadienne ample et d’une chemise à col droit (sans cravate, comme à son habitude). En mars 2024, il a d’ailleurs réutilisé ce look pour la cérémonie des Oscars. C’était la première fois que Wenders défilait pour Yamamoto, même si les deux hommes se connaissent depuis près de 50 ans. Leur longue amitié repose sur une quête commune: parfaire constamment son art et travailler sur soi pour s’épanouir sur les plans physique et émotionnel.

On peut sans effort établir un parallèle entre le poème récité par Wenders lors du défilé de la griffe UNDERCOVER et son dernier film, Les jours parfaits, sélectionné aux Oscars. Avec une constance inébranlable, ce magnifique long métrage suit Hirayama, un nettoyeur de toilettes publiques qui travaille à Tokyo (interprété par Kōji Yakusho). On découvre ce personnage dans les moindres détails de sa vie minutieusement réglée, au fil de sa routine et de ses journées de boulot: il se lève toujours à la même heure et au son de la même alarme, il classe avec soin ses photos, rembobine méticuleusement ses cassettes… Cette œuvre d’une rare sensibilité célèbre la beauté du quotidien, de manière tout à fait décomplexée; elle nous invite à prendre conscience de ce qu’on passe trop souvent sous silence.

Si on peut certainement avancer que Les jours parfaits projette une vision idéalisée d’un pays et d’un personnage – ce que Wenders a reconnu –, il n’en demeure pas moins que cette observation du quotidien, cet hommage rendu aux petits détails de la vie et à la beauté perceptible qu’ils recèlent, fait partie intégrante de l’art et de la culture du Japon. On s’en inspire d’ailleurs depuis des décennies, autant au cinéma que dans le domaine de la mode. Wenders et les quelques designers japonais avec qui il a collaboré partagent cette manière de voir le monde, et voilà sans doute pourquoi le cinéaste, autrefois réfractaire à la mode, n’a cessé de fréquenter sporadiquement ce milieu au fil de sa carrière, avec lequel il ne semble pourtant pas avoir d’atomes crochus.

Dans une récente entrevue avec la BBC, Wim Wenders a réaffirmé sa volonté de créer des œuvres qui s’élèvent au-dessus de l’art ornemental. «Les gens me désignent parfois comme un artiste, et je n’aime pas ça, explique le réalisateur. Je pense que le cinéma reste un métier. On sait comment fonctionne quelque chose et on travaille avec d’autres personnes pour en faire. On porte une attention particulière aux instruments dont on dispose. Moi-même, je ne suis pas un artiste, je suis un artisan… Artiste, c’est un peu trop hautain pour moi.»

Wenders défile dans la collection masculine automne-hiver 2024 de Yohji Yamamoto lors de la Semaine de la mode de Paris. Photos: Francois Durand/Getty Images.

Cette façon de voir les choses se ressent dans son documentaire sur Yamamoto, un film mettant en scène plusieurs discussions éclairantes entre les deux hommes. Celles-ci portent sur une foule de sujets, notamment sur ce qui propulse et motive la création – et ses origines parfois mystérieuses –, ou encore sur les émotions et les souvenirs que suscite en nous une œuvre achevée. Au fil de leurs conversations, on finit par comprendre pourquoi ils ont autant d’affinité: de la même façon que Wenders refuse l’appellation d’artiste, Yamamoto rejette l’étiquette de «designer de mode» et préfère celle, plus concrète, de «couturier».

Dans ce film, Wenders décrit comment il a découvert le travail de Yamamoto le jour où il a enfilé un de ses blousons et une de ses chemises: «À première vue, ces vêtements me semblaient à la fois nouveaux et vieux; ils venaient de plus loin, de quelque chose de plus profond.»

De toute évidence, cet aspect passéiste des créations de Yamamoto rejoint profondément Wenders; le cinéaste trouve d’ailleurs que cette caractéristique se montre généralement absente au sein de l’industrie. «La mode ne s’occupe que d’aujourd’hui, jamais d’hier», déplore-t-il à ce propos. Ce désir d’une réelle reconnaissance du passé – sans verser dans l’étouffante nostalgie et tout en conservant sa capacité d’avoir un effet sur le présent – constitue un thème récurrent dans les films de Wenders.

Bien que le Japon regorge de designers visionnaires partageant la passion de Wenders pour ce lien bidirectionnel entre la personne qui utilise un produit et celle qui le fabrique, l’incessante quête du réalisateur pour la simplicité dans sa forme la plus pure l’a également mené à collaborer avec d’autres griffes établies ailleurs dans le monde.

En 2018, le cinéaste a travaillé avec Jil Sander sur une série de vidéos intitulée Paused By Wim Wenders. Ces épisodes réalisés pour la collection printemps-été 2018 de la griffe présentaient des récits humains saisissants, chacun pourtant interrompu à son point culminant. Wenders a exploré bien des univers stylistiques, de l’Allemagne à l’Italie, où il a tourné en 2021 une sorte de film de mode pour la marque de luxe Ferragamo qui raconte l’histoire d’un couple et son amour naissant sur le plateau d’un drame de science-fiction.

Les marques Jil Sander et Ferragamo accordent toutes deux une grande importance à la technicité, qu’il s’agisse de la coupe, de l’esthétique ou de la fonctionnalité. Leurs collections ne se montrent jamais criardes ou n’insistent jamais sur un concept. À l’instar de Yamamoto et de Junya Watanabe, ces griffes apportent une touche poétique à la mode traditionnelle. Elles veulent améliorer notre quotidien et la garde-robe des personnes qui portent leurs créations. Elles ne fabriquent pas des costumes, mais bien des uniformes.

En se penchant sur les similitudes entre les gens qui ont collaboré avec Wenders, on comprend mieux pourquoi quelqu’un qui n’a «rien à voir» avec l’industrie a pu y revenir malgré tout, au fil des années, pour tourner quelques-unes des plus belles œuvres de sa carrière. Cela dit, la mode joue-t-elle un rôle dans son travail? Wenders a souvent mis en scène des univers d’une austérité déroutante, que ce soit par l’entremise de ses personnages, de ses décors ou des histoires qu’il raconte dans ses films.

Dans Les ailes du désir, le cinéaste nous présente en noir et blanc l’histoire de deux anges qui épient les vies, les pensées et les aspirations de la population du Berlin glauque de la guerre froide. Les gens qui apparaissent à l’écran portent pour la plupart de longs manteaux sombres pendant la majeure partie du film, mais ce visuel lugubre trouve son contrepoids dans les ailes élégantes des protagonistes et dans le costume chic de Marion, une trapéziste dont l’ange Daniel espère tomber amoureux pour devenir mortel. Les scènes avec cette dernière dégagent un sentiment de fugacité; son métier même reflète l’idée d’une beauté éphémère qui nous échappe si facilement dans la vie ou du moins que l’on n’apprécie peut-être pas à sa juste valeur, ou à laquelle on ne s’intéresse pas. C’est ce type de béatitude passagère que recherche (et incarne) aussi Hirayama dans Les jours parfaits.

«Ce sujet m’importe énormément, dans tous mes films: la beauté réside dans l’œil de la personne qui observe; c’est son regard ainsi que sa façon de contempler le monde qui dévoile celui-ci et nous permet de voir derrière sa surface», a déclaré Wenders à la BBC.

Nastassja Kinski dans Paris, Texas. Photo: 20th Century-Fox/Getty Images.

Harry Dean Stanton et Wenders faisant la promotion de Paris, Texas lors de la 37e édition du Festival de Cannes en 1984. Photo: Raph GATTI et Eric GAILLARD/AFP via Getty Images.

Plus coloré mais tout aussi mélancolique, le film Paris, Texas raconte l’histoire d’un vagabond, Travis Henderson (joué par Harry Dean Stanton), qui réapparait après avoir disparu pendant quatre ans. Wenders nous montre comment ce dernier se réadapte à la société, aux gens et aux lieux, nous offrant du même coup une perspective inédite sur son quotidien dans différents environnements – des stations-service, des motels, de longues routes interminables. Le cinéaste nous expose les tâches que son personnage doit effectuer tous les jours, mais ne nous les présente pas comme des corvées. Il les met en scène par l’entremise d’une intrigue lui permettant d’aborder l’un de ses thèmes préférés: l’americana.

Les vastes paysages venteux de Paris, Texas constituent une toile de fond intimidante et marginalisante, tandis que les personnages du film, leur apparence et leurs vêtements – le pull rose en mohair que porte Jane Henderson (Nastassja Kinski) dans une scène emblématique se déroulant dans une cabine de peep-show, la casquette rouge poussiéreuse de Travis et sa peau tannée par les intempéries – nous offrent un peu de beauté dans un environnement par ailleurs désolé. Cette juxtaposition donne du relief aux plus infimes détails de cette œuvre culte; on s’inspire d’ailleurs encore souvent des images et des tenues qu’on y voit. Dans un vidéoclip promouvant la sortie de son nouvel album, Cowboy Carter – avec lequel elle explore la musique du Texas, son État d’origine –, Beyoncé fait un clin d’œil à l’univers visuel du film et à la fameuse calotte de Travis. La marque Bally a quant à elle rendu hommage au chandail de Jane Henderson lors de son récent défilé automne-hiver 2024. Un livre de photos du long métrage se trouve par ailleurs encore régulièrement, à des prix exorbitants, sur les sites de revente.

De gauche à droite: Dennis Hopper, Wenders et Nicholas Ray pendant le tournage de L’Ami américain (photo: © Caterine Milinaire/Sygma via Getty Images); Hopper et Wenders pendant le tournage de L’Ami américain (photo: © Caterine Milinaire/Sygma via Getty Images); Hopper et Wenders à Hambourg en 1976 (photo: © Caterine Milinaire/Sygma via Getty Images).

Wim Wenders a mis en scène plusieurs lieux, époques et contextes culturels, mais c’est sans doute en amenant l’americana à l’écran qu’il a pu brosser le portrait des gens ordinaires, y compris bien sûr leurs styles vestimentaires, dans sa forme la plus brute et authentique – que ces personnages habitent le Texas ou errent dans les rues glauques de Berlin et de Hambourg. Aucune autre garde-robe ne témoigne d’ailleurs aussi franchement de ce mode de vie lent, rude mais indéniablement simple.

Dans L’Ami américain, Wenders nous présente Hambourg comme une ville du Far West, non seulement à travers l’intrigue de l’œuvre, du type «mercenaire recherché», mais aussi par l’entremise de ses costumes conçus par Isolde Nist, lesquels permettent au cinéaste de rendre hommage à un style en voie de disparition dans un improbable décor allemand. Tom Ripley, interprété par Dennis Hopper, arbore un chapeau de cowboy défraichi pendant la majeure partie du film – un détail d’une grande portée symbolique pour un personnage étrange évoluant dans un environnement insolite. «Même cette rivière me rappelle une autre rivière», dit Ripley au début du film. Cette réplique ne réfère peut-être pas à la mode, mais elle nous indique tout de même la capacité des designers à mêler des époques et des lieux en apparence immuables pour nous transporter dans un univers complètement inédit.

Wenders à Berlin en 1995. Photo: Ronald Siemoneit/Sygma/Sygma via Getty Images.

Wenders au lancement de Hammett en 1982. Photo: kpa/United Archives via Getty Images.

Les vêtements que l’on voit dans les films du cinéaste semblent des objets venus d’ailleurs – de souvenirs, de lieux lointains, de vies vécues. Ses protagonistes les portent comme une seconde peau; leurs tenues visiblement habitées et usées les ancrent dans une réalité particulièrement tangible. Wenders accorde de toute évidence une grande importance à la garde-robe de ses personnages, mais comment gère-t-il la sienne? En observant quelques-uns de ses looks les plus remarquables, dont certains figurent dans cette publication du compte Instagram @directorfits, on constate que les sujets traités dans son œuvre cinématographique, et naturellement les choses qui le passionnent, influent sur la façon dont il s’habille. Sur la première diapositive de ladite publication, on peut voir Wenders sur le plateau de tournage de Paris, Texas vêtu d’un pantalon blanc décontracté et d’une chemise usée – un style tout droit sorti des longues routes américaines qu’il a si souvent empruntées. Dans ce film, Travis fini par troquer sa casquette rouge poussiéreuse, son complet abimé et ses chaussures délabrées pour un trois-pièces gris impeccable, une transformation stylistique semblable à celle que Wenders a vécue au fil des années.

Wenders à la première de Submergence pendant le Festival international du film de Toronto en 2017. Photo: Joe Scarnici/Getty Images.

Depuis Paris, Texas, Wenders a affiché des tenues plus raffinées. Le réalisateur déteste les cravates, mais on l’aperçoit fréquemment, lors d’évènements, habillé d’un veston ouvert, d’une chemise boutonnée et, à l’occasion, de bretelles – sans oublier ses lunettes rondes désormais emblématiques. L’amour de Wim Wenders pour la mode japonaise ne se dément pas, puisqu’en dehors de sa récente collaboration avec Yamamoto, on l’a souvent vu marcher sur le tapis rouge dans des vêtements signés par des designers du pays du soleil levant. À l’occasion d’une première, en 2017, le cinéaste a d’ailleurs arboré un pantalon bouffant noir ainsi que de jolies pièces sur mesure avec une paire de baskets confortables.

Wenders a bien sûr du style, mais il ne se soucie pas des tendances, de la célébrité, des choses inutilement expérimentales ou trop élaborées. Au contraire, Wenders se reconnait une affinité avec un petit nombre de designers qui tiennent encore en haute estime la technicité et les conceptions servant le bien commun, qui comprennent et mettent en valeur la charge émotionnelle que peut véhiculer la mode de tous les jours.

Les histoires que nous raconte Wenders dans ses films, tout comme les créations des designers avec qui il a collaboré, illustrent bien ce que les vêtements représentent à leur meilleur: ils subliment notre quotidien et suscitent en nous des émotions profondes même lorsqu’ils ne servent qu’à répondre à nos besoins les plus basiques. À travers ce genre de morceaux se manifestent les récits autrement invisibles de différents lieux et époques… Et n’en déplaise à Wenders qui considère ce terme hautain, ils constituent parfois de véritables œuvres d’art.

Donata et Wim Wenders à la 76e édition du Festival de Cannes en 2023. Photo: Mike Coppola/Getty Images.

Louis Almond est un rédacteur et créateur qui vit à Londres. Il a signé des articles pour Dazed et Highsnobiety ainsi que bien d’autres publications. Ses textes portent sur la mode, le cinéma, la musique, l’art et tout ce qui les relie.

  • Texte: Louis Almond
  • Traduction: Francis Rose
  • Date: 12 avril 2024