Quand la chambre d’hôtel l’emporte sur la première rangée
Anecdotes anonymes sur les passions furtives qui flambent au cœur des semaines de la mode.
- Texte: L’équipe de rédaction de SSENSE
Tout peut arriver quand des adultes se réunissent dans les capitales les plus chics du monde pour s’adonner à des journées marathons d’obligations professionnelles entrecoupées de loisirs. À l’occasion des semaines de la mode, acheteur·ses, journalistes, stylistes et autres membres de l’industrie convergent ainsi vers Paris, Shanghai ou New York pour se repaitre de nouvelles propositions en matière de mode de vie et d’habillement, ce qui donne généralement lieu à de nouveaux accords harmonieux – mais aussi, parfois, à de fameuses parties de jambes en l’air.
Comparable à des retrouvailles scolaires chargées de tension sexuelle, la semaine de la mode arrive à réunir en un même endroit les personnes les mieux sapées, les plus attirantes et les plus chaudes du milieu de la mode. Il y a bien sûr des soirées passées à rédiger des critiques et des publications de médias sociaux jusque tard dans la nuit… mais se réveiller dans la chambre d’hôtel d’autrui fait aussi partie de l’expérience de plusieurs. Des habitué·es de l’évènement révèlent ci-dessous leurs anecdotes les plus torrides, sous le couvert de l’anonymat.

Photo: Victor Boyko/Getty Images pour L’Scher.
UNE ROMANCE DE BUREAU
«Il y avait eu une poignée de partys sans intérêt pour la semaine de la mode, suivis d’un rave de Wolfgang Tillmans au Chinese Tuxedo, si ma mémoire est bonne? On a fini la soirée au Boiler Room, où les choses ont pris une tournure très sexy entre un certain photographe/réalisateur et moi – alors on a cherché un coin plus intime, en l’occurrence mon lieu de travail, et baisé sur mon bureau. Le magazine pour lequel je travaillais devait avoir le personnel le plus en rut de l’histoire parce que plusieurs de mes collègues ont fait la même chose cette semaine-là.» – Une personne en direction photo dans la trentaine complètement désinhibée à New York
UNE PETITE VITE
ENTRE DEUX DÉFILÉS
«C’était pendant la Semaine de la mode de Londres, en février 2022. J’ai baisé avec quelqu’un entre le défilé d’Ahluwalia et celui de Molly Goddard. On était sorti·es ensemble quelques mois auparavant, et on se textait cette journée-là. Il m’a dit de venir chez lui – il avait la gueule de bois – et j’avais un peu de temps libre dans mon horaire. On n’avait jamais vu quelqu’un partir d’un défilé aussi vite. J’ai dit à ma rédac en chef que je partais pour recharger mon téléphone. J’ai dit à mon Jules que je devais absolument quitter à 13h50; il était environ 13h à mon arrivée chez lui. De retour au défilé de Molly, j’étais encore sur un nuage. Bref, ça m’a permis de couper la journée en deux de manière très plaisante – infiniment mieux que de tuer le temps dans un Pret a Manger!» – Une journaliste de Londres qui affirme «avoir l’âge de prendre de meilleures décisions!»
AU-DESSUS, EN DESSOUS, AILLEURS
«À la semaine de la mode en 2014, il y avait un gars qui était certainement l’homme le plus sexy de l’industrie. Très populaire, avec du sex-appeal à revendre. Il m’a séduit pendant un party, on avait beaucoup bu. Je l’ai ramené à ma chambre au Ritz, et on a baisé jusqu’au lever du jour. À mon souvenir, c’était du sexe passionné, avec fessées et anilingus. Brusque et très, très sexy. J’étais le top. Peu de gens ont été aussi beaux que lui l’était à l’époque. Tout était parfait. J’avais un copain et on ne formait pas un couple ouvert. Le printemps suivant, on s’est revus pour un souper et plus tard ce soir-là, on a craqué. Je l’ai invité à venir me voir à Los Angeles pendant l’été et il a accepté, mais après j’ai hésité et changé d’idée.» – Une personne de 55 ans qui ne souhaite pas en révéler davantage sur elle-même, merci beaucoup
BIEN DANS LE BAIN
«J’ai embrassé un modèle avec qui j’avais matché sur Tinder ou Hinge ou une autre de ces applis à côté du chaudron à bulles au bar Le Bain vers 2017. On ne s’est jamais revu·es – et il a mis une fille enceinte depuis, mais je me souviens avoir pensé à ce moment-là: c’est tout ce que j’ai jamais voulu.» La seule rédac de 32 ans à Brooklyn qui ait une anecdote positive à propos du bar Le Bain
AVEC LES LUMIÈRES ALLUMÉES
«C’était la Semaine de la mode de New York, en 2020, si je me souviens bien. Une assistante à l’éclairage que j’avais rencontrée à un défilé plus tôt cette journée-là – je pense que c’était celui de Prabal Gurung – est venue vers moi dans les coulisses d’un autre défilé pendant la soirée et s’est mise à me draguer sans retenue. On se trouvait au treizième étage d’un gratte-ciel, et au moment où les modèles et les gens de la production, du maquillage et de la coiffure couraient pour prendre les ascenseurs et se rendre au défilé, qui avait lieu au rez-de-chaussée, elle s’est assise sur un bureau placé contre une fenêtre, m’a attrapé, a relevé sa jupe et m’a demandé de bien vouloir la baiser. Ça n’arrive qu’à New York! Je me devais de me plier à sa demande, évidemment! À un certain moment, quelqu’un de la production est revenu dans les coulisses, nous a surpris·es, s’est vite retourné, puis est parti. Il n’y a pas eu de mal.» – Un photographe de 31 ans prêt à tout
ACHAT, VENTE ET AUTRES SERVICES
«Il y a quelques saisons de ça, une marque de vêtements féminins avait organisé un after au Pompidou à Paris. L’ambiance avait viré un peu à la débauche et il n’y avait pratiquement pas de sécurité, alors les toilettes étaient très occupées, dans tous les sens du terme. J’ai vu un acheteur sortir d’une des cabines avec un groupe de gens, et comme j’allais entrer dans la cabine, il a fait un demi-tour, est entré dans la cabine avec moi, et on s’est mis à s’embrasser. Je dois préciser que je l’avais rencontré pour la première fois à une présentation plus tôt cette journée-là, et que les portes des cabines de toilettes du Centre Pompidou sont plutôt transparentes. C’était très sexy. En fin de compte, la boutique pour laquelle cet acheteur travaillait a passé une commande auprès de la marque pour laquelle je travaillais, après l’avoir boudé pendant quelques saisons.» – Une représentante des RP de 34 ans à Paris qui troque des bisous contre des commandes
TROUVER L’AMOUR DANS UN PARTY
«Ce n’est pas une histoire salace à proprement parler, mais j’ai rencontré l’un de mes plus grands amours à la semaine de la mode. Je l’ai aperçu de l’autre côté de la pièce pendant un party à Londres en l’honneur d’un designer de chaussures – Nicholas Kirkwood, peut-être? – et un publiciste m’a demandé si j’avais besoin de rencontrer des gens en particulier pour l’article que je rédigeais. Je l’ai pointé, et j’ai dit: «Ouais, je dois le rencontrer lui.» Quatre heures plus tard, il emménageait dans ma chambre d’hôtel. Et ç’a plus ou moins été le début de notre histoire d’amour, mon état civil était réglé pour le début de ma vingtaine.» – Une journaliste new-yorkaise «qui n’est plus dans la vingtaine»
C’ÉTAIT DANS LE TEMPS
«Il y avait un nouveau rédac qui assistait à sa première Semaine de la mode de Milan. C’était en septembre 2019. À l’époque, j’étais déjà un habitué des semaines de la mode, et alors qu’on faisait connaissance, je lui ai proposé qu’on passe la soirée ensemble pour lui faire visiter la ville. J’arrive au Parigi, où sont hébergé·es tous les invité·es de Gucci, plein d’assurance, comme si j’étais le roi des lieux malgré mon italien tout au plus rudimentaire. Le jeune homme naïf que je m’attendais à trouver est en train de plaisanter avec Sienna Miller et Beck. Il apprend vite, je me dis! Bref, on boit, on potine, on fait de la coke. Tout ce dont je me souviens de ma tenue est que je portais une montre Gucci un peu excentrique. Je dois assister à un défilé le lendemain matin, donc après un certain temps je me prépare à partir, et il me suit jusqu’à la porte. Comme il n’avait rien laissé paraitre de ses intentions, je fige, même si je suis agréablement surpris, quand il m’embrasse. On se dirige alors vers sa chambre et je découvre que, contrairement aux ébats sauvages auxquels je me serais attendu, il est plutôt tendre, même doux. Je passe la nuit avec lui et retourne ensuite à mon logement Airbnb, et ce n’est que plus tard, quand il m’en informe par texto, que je me rends compte que j’ai oublié ma montre dans sa chambre. «T’inquiète, m’écrit-il, je te l’apporte au défilé». – Un rédac en chef américain de 37 ans qui a presque toujours l’heure juste
- Texte: L’équipe de rédaction de SSENSE
- Traduction: SSENSE
- Date: 4 novembre 2024

