Les lunettes
de soleil, un
accessoire
érogène?
Tera Patrick et Tony Ward nous parlent de leur carrière ainsi que de l’état actuel et passé de l’industrie pornographique, tout en essayant les nouveaux verres fumés «orgasmiques» de la griffe Eckhaus Latta.
- Entrevue: Taylore Scarabelli
- Photographie: Rob Kulisek

En cette ère où les égoportraits sulfureux pullulent sur internet et où même votre tante possède un compte OnlyFans, on peut avancer sans se tromper que la sexualité ne choque plus autant qu’avant. Les débardeurs translucides et les minijupes constituent désormais la norme dans des villes comme New York, et l’époque où l’on publiait des éditoriaux s’offusquant de ces choix vestimentaires appartient depuis longtemps au passé. Cela dit, pour Eckhaus Latta, la sexualité est une question de subtilité. La griffe a fait appel à deux modèles érotiques de renom afin de souligner le lancement de sa dernière collection de lunettes et d’explorer les façons de susciter le désir avec son visage. «On voulait collaborer avec des personnes ouvertes à la performance sexuelle, ont expliqué Mike Eckhaus et Zoe Latta à SSENSE. Tony Ward et Tera Patrick travaillent depuis longtemps dans un milieu qui valorise la jeunesse et se distinguaient conséquemment du lot.»
Ward, un acteur et modèle érotique qui a posé pour des publications queers comme le magazine Colt au début des années 80, et plus tard pour des photographes légendaires comme Herb Ritts, convenait parfaitement à la situation. Tout comme Patrick, une vedette de la porno hardcore primée qui passe désormais ses journées à alimenter son compte OnlyFans depuis son domicile en Italie. Le duo saisit bien les nuances de la performance sexuelle et trouve dans l’érotisme d’antan une source de nostalgie et d’art.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta. Sur l’image précédente, Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
Taylore Scarabelli
Tony Ward
Comment as-tu commencé ta carrière de modèle?
Un professeur d’histoire très étrange, Joe House, m’a découvert dans le stationnement du campus de mon université. Un jour, alors que j’entrais en classe, je me suis aperçu qu’il me toisait et je l’ai trouvé bizarre. Il faisait du repérage pour un photographe du magazine Colt. La publication mettait surtout en vedette des hommes charpentés comme des bœufs, des gars costauds avec de la barbe. C’était très explicite, érotique, avec un visuel magnifique. J’étais très naïf et il m’a dit que je pourrais devenir une célébrité. Je me demandais vraiment ce qui m’arrivait. C’était probablement en 1982, ma première et dernière année scolaire. Je n’étais pas du type à fréquenter l’université.
J’ai visionné le film Hustler White de Bruce LaBruce, dans lequel tu as joué. Tu y mets en valeur ton corps d’une manière qui rend plusieurs hommes inconfortables. Comment tes débuts en tant que modèle pour des magazines érotiques ont-ils influencé le reste de ta carrière?
Mon expérience avec Joe House a été intéressante parce qu’elle a commencé de façon ordinaire, c’était très «vanille». Je le rejoignais et je trainais avec lui pendant une heure environ; il me faisait monter sur une petite plateforme installée dans son salon, sans toile de fond – juste une bibliothèque et des trucs du genre –, et il me prenait en photo. Au début, j’étais habillé et on me disait: «Enlève ta chemise, puis ton pantalon. Est-ce que je peux te photographier en sous-vêtements?» Je ne comprenais pas ce qui se passait. On m’y a introduit graduellement, puis c’est devenu sexuel. J’y retournais, on me suçait ou on me branlait, puis je gagnais 70 dollars. En gros, je me prostituais et je ne m’en rendais même pas compte... Mais bon, je ne regrette rien de ces premières expériences, de cet étrange conditionnement et de la façon dont j’ai été sexualisé.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
Je constate que l’érotisme queer ne choque plus autant qu’avant, et je trouve ça intéressant. Tout le monde produit maintenant sa propre porno à la maison, ou publie des photos sexys sur Instagram. Pourtant, on ne voit plus de films déjantés comme Hustler White. Le truc le plus scandaleux à Hollywood en ce moment, c’est Barry Keoghan qui lèche du sperme synthétique dans une baignoire.
Je pense que ç’a mal évolué. Je regarde les images de ma jeunesse, comme celles prises par Jim French pour le magazine Colt, et je trouve qu’elles évoquent un certain romantisme, de la beauté. On m’y voit bandé, mais c’était presque de l’humour. Sur l’une d’entre elles, je porte un casque, habillé en ouvrier, tandis que sur d’autres je suis déguisé en autochtone ou en cowboy. On a là des portraits homoérotiques emblématiques. Tu as mentionné Hustler White, et récemment, mon petit ami et moi avons visionné No Skin Off My Ass, l’un des premiers longs métrages de Bruce LaBruce, une œuvre par ailleurs très érotique. Aujourd’hui, on voit des choses assez explicites dans les films et à la télévision… Pas forcément des pénétrations complètes, mais des scènes percutantes qui vous font l’effet d’une claque en plein visage, en quelque sorte. Il y a très peu de beauté là-dedans; le vieux sentiment de romantisme a disparu.
Parle-moi de ta collaboration avec Herb Ritts.
Herb est très gentil, on est devenus très proches. Il travaillait avec une équipe formidable. À l’époque, tout le monde se droguait, fêtait et s’amusait. Il ne jouait pas encore dans la cour des grand·es, mais il se bâtissait tranquillement une réputation. Lui, Bruce Weber, Greg Gorman… Plusieurs photographes commençaient à exploiter la sexualité masculine pour vendre des produits, et j’y participais grandement.
Ces photographes connaissaient-ils tes images érotiques de début de carrière?
Ouais. Le magazine Colt vendait des ensembles de photos de moi en format 4x6, alors on les trouvait partout. Une personne dans mon entourage m’a d’ailleurs dit: «Tu sais, tu étais célèbre avant même d’arriver à Los Angeles. Tu es sur le réfrigérateur de tous les gais.»
Tu as travaillé avec Bruce, mais aussi avec Terry Richardson, des hommes qui ont été accusés d’inconduites sexuelles.
Certaines personnes devaient bien finir par y passer. Ça magouillait pas mal dans le milieu à l’époque et c’était accepté. Je me disais: «Faut croire que c’est normal; les gens m’attrapent le cul, la queue, mettent leurs mains dans mon pantalon.» Ça arrivait tout le temps à ce moment-là. Aujourd’hui, on ne tolèrerait pas ça du tout.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
J’aimerais qu’on s’arrête un instant sur ta folle romance avec Madonna. Comment avez-vous fait connaissance?
Je l’ai rencontrée à quelques reprises au studio de Herb Ritts, car les deux étaient très proches. Et puis elle m’a choisi pour le vidéoclip de sa chanson Cherish. Quelques années plus tard, complètement défoncé sur les drogues et le Jack Daniel’s, je me suis retrouvé à la fête d’anniversaire de Herb et Madonna, à Santa Monica, avec une amie (que j’ai fini par épouser pour des raisons douteuses…). Je titubais et j’ai entendu crier mon nom: «Tony Ward, viens ici!» C’était Madonna qui m’appelait. À l’époque, elle pensait que j’étais gai et essayait de me présenter au réalisateur de Truth or Dare, mais je n’arrêtais pas de regarder ses seins. À un moment donné, elle s’en est aperçue: «Oh… Tu n’es pas gai.» Je lui ai répliqué: «Tu es perspicace, toi!» Le courant passait entre nous. Plus tard en soirée, ma future femme a surgi derrière moi, m’a attrapé et a commencé à m’embrasser. Madonna fumait une cigarette, et elle l’a éteinte en l’écrasant sur mon dos pour attirer mon attention.
Oh, mon dieu!
J’ai encore la cicatrice [rires].
On peut te voir dans le vidéoclip de sa chanson Justify My Love, qui a constitué un grand moment pour le mouvement de libération des communautés queers.
Je me suis assis avec elle et Lenny Kravitz à plusieurs reprises pendant l’enregistrement de Justify My Love. Elle faisait beaucoup de recherche sur la diversité sexuelle et on a eu de nombreuses conversations à ce sujet. La controverse suscitée par cette chanson a par ailleurs alimenté son livre SEX. On a été très proches pendant les trois années suivantes, mais à la parution de son bouquin, notre relation était pratiquement terminée. Quand elle a commencé sa tournée, elle m’a dit que je devais retourner dans mon appartement.
Aimes-tu encore poser aujourd’hui? Ça te passionne toujours ou est-ce devenu un simple gagne-pain?
Tu sais, il m’a fallu 30 ans pour me dire: «Oh, merde! J’ai une carrière.» J’adore me retrouver devant l’objectif. Bien sûr, à certains moments, je détestais ça. Je n’ai jamais aimé la politique ni l’aspect glamour de la chose. Très tôt, j’ai arrêté de fréquenter les fêtes. Les gens me disaient que je devais assister à ces soirées pour me faire voir et côtoyer tout le monde, mais je n’avais rien à foutre de toute cette merde. Voilà peut-être ce qui explique ma longévité… Ces conneries ne m’intéressaient pas.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
Taylore Scarabelli
Tera Patrick
Comment as-tu commencé à faire de la porno hardcore?
Je désirais vraiment poser pour le magazine Playboy. Paulina Porizkova figurait sur la couverture du premier numéro que j’ai eu sous la main. Je me suis dit: «D’accord, si les top-modèles apparaissent dans cette publication, c’est ce que je veux aussi.» J’avais 23 ans et j’avais passé quelques années au Japon à faire du mannequinat. J’en suis venue à la conclusion que c’est la même chose mais sans vêtements, que j’en étais capable. J’ai fini par faire les couvertures de deux des plus grands magazines masculins, Playboy et Penthouse, et ç’a été ma porte d’entrée dans le milieu. Andrew Blake a réalisé le premier film dans lequel j’ai joué et j’ai trouvé l’expérience vraiment incroyable. C’était artistique et magnifique. J’ai l’impression d’avoir percé dans l’industrie au moment de son apogée.
Aujourd’hui, trouves-tu l’industrie moins artistique qu’avant?
Lorsque j’ai commencé à tourner des films hardcores, je me souviens qu’on servait du champagne, qu’on disposait d’énormes étagères roulantes remplies de vêtements et de lingerie magnifiques, et qu’on passait des heures sur le plateau à se maquiller dans des lieux extraordinaires. Je choisissais les personnes avec lesquelles je travaillais. On prenait notre temps. Je tournais peut-être une ou deux fois par mois, voire moins. Avec le recul, ce qui m’importait réellement était de savoir ce que mon public voulait. J’utilise Pornhub [aujourd’hui] pour connaitre les tendances, et je trouve ça fascinant de découvrir ce que les gens aiment. On ne s’intéresse plus vraiment à la créativité en matière de contenu… Voilà en partie pourquoi j’ai arrêté, d’ailleurs.
Au fil de ta carrière, tu as connu deux grands bouleversements technologiques. À tes débuts, on commençait tout juste à avoir massivement accès à de la porno gratuite en ligne. Ça marquait en quelque sorte le début de la fin pour les studios quant à la rentabilisation traditionnelle des médias pour adultes et le volume de production attendu. Aujourd’hui, on vit à l’ère des créateur·trices de contenu; on a remplacé les studios par des plateformes comme OnlyFans.
Les studios nous fournissent principalement de la publicité. Si certaines personnes continuent à passer par eux, c’est parce qu’en réalisant soi-même son contenu, on le finance de ses poches. Je voulais prendre le contrôle dès le début avec mon propre studio; ça me semblait un modèle commercial similaire, dans mon esprit, à celui des musicien·nes. Je me suis dit: «Attendez une minute, quand j’en aurai fini avec ce projet, à qui appartiendra tout mon travail? Et comment l’exploitera-t-on?»

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

En vedette sur cette image: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
Tu es une Américaine d’origine asiatique. Ton expérience dans le milieu a-t-elle conséquemment différé de celle de tes comparses caucasiennes?
Quand j’ai commencé – et je ne crois pas que la situation a beaucoup changé aujourd’hui –, les filles asiatiques ne couraient pas les rues. Je pense que mon apparence unique explique en partie mon ascension un peu plus rapide que la normale. Cela dit, on fétichisait tout ce que je faisais et ça me rendait mal à l’aise. Si ça se passe de manière consensuelle, ça ne me dérange absolument pas, parce que la limite demeure claire avec les jeux de rôle… Mais on me confiait des rôles ridicules pour lesquels on me demandait de porter des tresses ou de prétendre que je ne parlais pas anglais, et je me disais: «Non, non, non, ça ne fonctionnera pas pour moi.» J’aimerais que les femmes de couleur récoltent autant d’attention et d’éloges que les autres, et que les règles soient les mêmes pour tout le monde. J’ai l’impression qu’on choisit toujours une ou deux d’entre nous pour la diversité de façade, mais que les autres ne reçoivent pas vraiment les accolades qu’elles méritent en tant qu’artistes. Elles doivent travailler plus dur que leurs collègues.
Et maintenant, on met en avant toutes ces «préférences» sur des plateformes technologiques comme Pornhub et OnlyFans…
Même à l’heure actuelle, avec les trucs de «MILF», je me dis: «Wow, OK, on doit maintenant jouer ce rôle-là à 24 ans…» Mais pour en revenir aux studios et au passage à l’économie des créateur·trices de contenu, je pense que les gens qui nous suivent peuvent entretenir un rapport plus direct avec nous de nos jours. Nous sommes beaucoup plus accessibles au public. On peut nous envoyer un message privé, nous appeler par vidéo – c’est presque irrésistible. Ces relations parasociales n’existaient pas dans le milieu de la porno auparavant. Je me pointais bien sûr aux AVN ou à un grand salon une fois par an, et tout le monde faisait la queue, mais on prenait une photo et on passait à autre chose. Aujourd’hui, ces personnes ont l’impression d’entretenir un rapport beaucoup plus fort avec nous.
Ça résulte aussi de la façon dont on filme désormais le contenu, n’est-ce pas? Même si tu ne communiques pas directement avec la personne qui te regarde, elle a l’impression de se trouver dans la même pièce que toi grâce au point de vue de la caméra. Et avec la diffusion par webcaméra, c’est comme si le public pouvait accéder à des gens sur demande et à volonté pour assouvir ses désirs. On entretient un lien qui semble plus humain avec ces vedettes, et c’est bien, mais certaines personnes prennent ça à l’envers, dépassent les limites, et ça peut aussi devenir déshumanisant. Comment poses-tu tes limites et comment gères-tu les attentes de ton auditoire?
Les fantasmes existent depuis toujours, mais les moyens utilisés pour les concrétiser étaient différents. Une séance de webcaméra ressemble à ce qu’on fait toi et moi en ce moment. Le gars est assis là, en train de te parler, et tu te dis: «Wow, là je vois réellement ce qu’il aurait fait autrefois en regardant un DVD!» On s’épuise beaucoup plus intensivement aujourd’hui. À l’époque où je tournais un ou deux films par mois, je n’aurais jamais pensé devoir faire de la webcaméra en direct et passer toute la journée sur un plateau, pour ensuite produire du contenu sur OnlyFans.

En vedette sur cette image: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tony porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.

Tera porte: lunettes de soleil Eckhaus Latta.
Il existe une vedette pour chaque personne, la célébrité n’est pas aussi limitée qu’on le croit, et ça vaut pour tous les secteurs d’activité.
On peut en quelque sorte faire le parallèle avec les top-modèles. Tout le monde connait Linda, Claudia, Christy et Naomi… Sans vouloir me vanter, on était seulement une poignée à travailler dans ce milieu au début des années 2000; aujourd’hui, c’est beaucoup plus vaste. On trouve une multitude de créateur·trices sur OnlyFans. Même mon banquier fait de la porno.
Je dois dire que je ne m’attendais pas à passer plus de la moitié de ma vie dans l’industrie du divertissement. Je voulais faire autre chose à l’origine. Avant de poser pour Playboy, je souhaitais devenir infirmière [rires]. Mais bon, ça m’a procuré un immense bonheur. J’ai voyagé dans 120 pays, j’ai pu tourner avec des gens incroyables, faire de la mode, de la télévision et de la voix hors champ... Et finalement, ce projet en collaboration avec Eckhaus Latta. Lorsque j’ai reçu un courriel pour la campagne promotionnelle de la griffe, je donnais des représentations aux États-Unis et je m’apprêtais à retourner en Italie. Je me suis dit que j’allais plutôt aller à Los Angeles pour y participer. J’étais tellement excitée. Le mannequinat reste mon premier amour, alors j’ai trouvé ça très cool qu’on fasse appel à moi. Ça n’arrive pas souvent, tu sais?
Étonnamment, on constate que les marques qui collaborent avec des artistes pornos se font encore rares.
Je trahis peut-être un peu mon âge en disant ça, mais j’ai commencé à m’intéresser aux publications de mode entre 1992 et 1994. J’adorais le magazine Taxi, car je le trouvais avant-gardiste et sombre. On sentait une grande émotion dans le visage des personnes qui posaient dans ses pages. Lorsque je demande à mes fans ce qui les attire dans la pornographie, on me répond souvent: «J’aime le regard des femmes.» Voilà pourquoi ce milieu me passionne autant. J’entretenais l’espoir de devenir une modèle traditionnelle, mais la mode recherchait une esthétique tellement précise… Les gens qui travaillent dans l’industrie pour adultes ne se ressemblent pas tous et toutes; leurs traits et leurs expressions sont vraiment variés.
En fin de compte, tu es une actrice…
Les gens ne le voient pas toujours de cette façon, cependant.
C’est parce qu’une bonne actrice donne l’impression que les choses sont réelles.
Taylore Scarabelli est autrice et rédactrice; elle habite à New York.
- Entrevue: Taylore Scarabelli
- Photographie: Rob Kulisek
- Direction photo: Karen Egiazarian
- Coiffure: Paige Wishart
- Maquillage: Kali Kennedy
- Modèles: Tony Ward, Tera Patrick
- Distribution: Esra Padgett
- Lieu: Moxy Hotel DTLA
- Traduction: Francis Rose
- Date: 5 juin 2024

