Un soupir de soulagement

Tom Sachs s’entretient avec sa collaboratrice de longue date, Mary Frey.

  • Entrevue: Mary Frey
  • Photographie: Shaniqwa Jarvis / SN37

Quand on se concentre sur un sujet assez longtemps, il devient réel et commence à nous appartenir; plus on se concentre sur lui, plus il se révèle à nous. Les éléments familiers deviennent absurdes, l’inconnu devient évident et le beau devient profond. Au fil de sa carrière, Tom Sachs a apprivoisé ces dichotomies en se passionnant pour la perfection de ses propres imperfections. Il bricole et confectionne ses œuvres avec soin et les décore de certains des logos de luxe les plus connus au monde, de personnages de dessins animés célèbres et d’emblèmes historiques du programme spatial des États-Unis.

À travers les années, Sachs a développé des pratiques artistiques très ambitieuses et déployé les efforts nécessaires pour les perpétuer. Il collabore étroitement avec l’équipe grandissante de son studio, qu’il a assemblée avec soin en choisissant des gens pour leurs compétences précises, leur souci du détail et leur amour du travail intense. En guise de récompense pour son labeur, l’équipe fait la fête à la conclusion de chaque projet majeur. Cet été, famille et amis se sont réunis à Rockaway Beach pour jouer dans le sable et plonger dans les vagues. Lorsqu’il est temps de pousser un grand soupir de soulagement, vaut mieux le faire suivre d’une bouffée d’air marin parfaitement salée.

Image précédente: Guy Sachs et Tom Sachs.

Mais l’équipe s’est vite remise à la tâche. La quatrième et plus récente itération du fameux programme spatial de Sachs, une exposition complètement immersive et interactive mettant en lumière les recherches qu’il mène depuis 13 ans sur les frontières de différents mondes et le potentiel humain en exploration spatiale sera présentée au Dechtorhallen d’Hambourg en septembre. Sa collaboration avec SSENSE est le pendant terrestre de la mission, offrant au public un accès exclusif à l’ensemble de ses œuvres ainsi qu’à un nouveau programme de formation numérique, le Space Program Recruitment Lab (S.P.R.L.).

Après la journée à la plage, Sachs a discuté avec son amie, muse et collaboratrice, Mary Frey. Également artiste et bricoleuse, Frey connaît Sachs depuis 30 ans. Durant cette période, leurs œuvres respectives sont devenues aussi entremêlées que leur lien d’amitié, et ils ont formé le collectif Satan Ceramics ensemble. Les deux partagent une curiosité qui ne peut paraître ordinaire qu’au premier abord. Avec ses créations, Frey s’intéresse aux objets du quotidien qui sont toujours dans nos armoires ou notre vision périphérique, et son goût pour les dynamiques familiales et les récits personnels constitue la pierre d’assise de sa carrière, qu’elle les explore sous forme de sculptures en porcelaine moulée ou d’émulsions photographiques à base de gélatine.

La conversation suivante illustre bien l’esprit ludique de Sachs. Assis dans son studio, entouré de la structure et des valeurs qu’il a établies au long de ses 30 ans de carrière, il se détend et s’exprime aisément dans un échange qu’il ne pourrait avoir avec personne d’autre. Il s’agit d’un rare aperçu des amitiés, de la famille, des rituels et du sens de la discipline de cet artiste connu pour ses principes rigides et ses codes savamment élaborés. Pour Sachs, parler de travail avec sa chère amie est une forme de relaxation.

Guy Sachs et Tom Sachs.

Mary Frey

Tom Sachs

Je crois qu’on s’est rencontrés en 1993, quand j’avais 23 ans. Ça veut dire qu’on est amis depuis 30 ans.

J’avais 25 ans. Je venais de déménager à New York. Tu travaillais sur la même rue, chez Liquid Sky. On se rencontrait en pleine nuit pour aller fouiller dans les poubelles en quête de matériaux qu’on pourrait utiliser.

On ratissait la ville, puis on rapportait nos trouvailles au studio, où on passait toute la nuit à fabriquer des choses et à boire du thé. Après toutes ces années, je pense encore qu’on a vécu une histoire d’amour, même si on ne s’est jamais embrassés ni fréquentés en ce sens. On avait simplement une amitié intense. C’est une partie très importante de notre relation.

C’est ce qui a permis à notre amitié de survivre. Mais j’ai cru à certaines occasions que quelque chose se passerait.

Quand?!

Je ne te le dirai pas, mais il y a un moment en particulier. Je me souviens m’être dit qu’on ne serait plus amis si ça se concrétisait.

Eh bien, ça ne s’est jamais passé et on est encore meilleurs amis. Et je suis maintenant amoureuse de ta femme Sarah.

Et ton partenaire Mario est un frère pour moi. Notre amitié est éternelle, ce qui représente certaines responsabilités. Tu es chargée d’exécuter ma dernière volonté.

Oui, j’en suis totalement consciente. Les funérailles vikings. Je dois te construire un radeau ou te placer dans un bateau en bois, t’envoyer flotter dans l’océan et t’enflammer en jouant du James Brown, du Louis Armstrong et du Lee Scratch sur une radiocassette funèbre personnalisée. On va manger des saucisses en croûte, boire du champagne et te regarder t’envoler en fumée. Tu vas me manquer. Mais qu’est-ce qui arrive si je meurs en premier?

Il nous faut un plan. Ce n’est pas équitable. Qu’est-ce que tu veux?

Je n’y avais pas vraiment pensé. Tu vas devoir fabriquer une urne à mon effigie, bien sûr. Peut-être que tu peux m’incinérer toi-même dans le fourneau au sous-sol. Je crois que tu y prendrais plaisir. Ensuite, tu pourrais me conduire jusqu’à La Nouvelle-Orléans et m’enterrer dans la tombe familiale au cimetière de Saint-Roch. J’adorerais ça. Puis, tu pourrais manger des écrevisses et boire de la bière avec Mario, mes enfants, Sarah et Guy. Notre rencontre a été très importante pour moi. J’ai eu l’impression de trouver ma famille, même si l’on venait de milieux différents (j’étais une mauvaise catholique de La Nouvelle-Orléans, tandis que tu venais d’une famille juive du Connecticut).

On s’est appris des leçons, on a dépendu l’un de l’autre et on a traversé beaucoup de choses ensemble – des ex-copains, des ex-copines, des animaux de compagnie, des projets, des expositions d’art, des réussites et des échecs, des fêtes d’Halloween, des séances d’application de résine en fin de soirée et des réflexions existentielles autour d’une scie ou d’une machine à souder.

Je n’arrive toujours pas à croire que tu n’aies jamais visité la maison de mes parents au Connecticut. C’est fou que tu n’aies pas vu la chambre dans laquelle j’ai grandi.

Oui, c’est ridicule, j’ai du mal à croire que je n’y suis jamais allée, moi aussi. Mais ta mère t’a toujours visité ici, alors il n’y avait pas de véritable raison de se rendre au Connecticut. Elle adorait venir te voir au studio. Je trouve ta mère brillante et j’admire réellement sa décision d’entamer une carrière d’artiste dans sa septantaine. C’est énorme et très courageux. J’aime aussi que tu l’aies appuyée.

Elle est une visionnaire, après tout.

Je ne me souviens pas de notre première rencontre ni de la première fois que j’ai visité ton studio, mais je me rappelle que ça m’a jetée à terre: j’ai eu l’impression d’entrer dans l’espace de travail de mon père. Vos méthodes de classement et vos idéaux étaient presque identiques. Selon vos intérêts et votre souci du détail, on aurait pu croire que vous aviez été séparés à la naissance. Les fusées, les vis, le contreplaqué, la résine, le ruban à conduits, les élastiques! La familiarité des odeurs était troublante. J’ai su à ce moment-là qu’on serait amis pour la vie. C’est étrange parce que mon père est mort juste avant que je te rencontre. Vous vous seriez adorés.

Comme toi, ma mère a été une grande source d’inspiration pour moi. Et l’une des choses les plus difficiles de la vie d’artiste est d’écouter sa petite voix intérieure, de comprendre ce qu’on veut faire exister. Généralement, l’art n’est pas un bon choix de carrière; c’est surtout une grosse perte de temps. Mais si l’on arrive à se laisser guider par ce qui compte pour nous, ça devient un excellent usage de notre temps. On peut finir par trouver ce que personne sauf nous ne peut créer, des choses qui ont le pouvoir particulier de transformer notre vision du monde. Ma mère a passé beaucoup de temps à chercher ce qu’elle voulait faire, et c’est ce qui rend son art aussi formidable.

De gauche à droite: Ava Isabella Maria, Erum Shah, et Kanae Sawaguchi.

De gauche à droite: Ava Isabella Maria, Erum Shah et Kanae Sawaguchi.

La fabrication de mythes et l’art de raconter, que ce soit à travers la tradition orale, l’écriture, le dessin ou la courtepointe, sont l’un des cadeaux les plus précieux qu’on puisse offrir aux autres et laisser derrière nous. Ta mère raconte son histoire, son mythe et son parcours en tant que femme et amoureuse. Que Dieu la bénisse. Tom, tu es un sacré bon raconteur, toi aussi. Ça paraît dans tout ce que tu fais.

Tu as toujours eu un incroyable effet réconfortant sur moi – un effet calmant. Et tu m’as appris tant de valeurs, dont l’art de réutiliser de vieilles choses. Pas de les recycler en les dirigeant vers le dépotoir ou en les faisant fondre, mais plutôt d’utiliser des objets qui ont un vécu. Rapiécer, réparer, exposer l’histoire des choses, montrer ses propres cicatrices.

Je t’ai consultée pour chacun des projets que j’ai entrepris au cours des 30 dernières années, et tes contributions sont toujours magiques. Il t’est arrivé de mettre la main à la pâte, mais tu as aussi participé à la conception en m’aidant à accéder à ce que je savais déjà, au fin fond de moi. C’est ça, le rôle d’une muse: aider l’artiste à se trouver. Que ce soit avec tes paroles ou tes idées, tu me donnes l’impression que l’œuvre m’appartient. C’est la partie difficile, écouter sa voix intérieure, mais tu arrives à la rendre facile.

Je crois qu’on se ramène à la réalité et qu’on aime se voir réussir l’un et l’autre. «Il n’y a pas de problème parce qu’il y a toujours une solution.» On se respecte et on s’accorde une grande valeur, ce qui nous pousse à respecter et à valoriser notre façon de vivre et de travailler sur cette planète. On doit réutiliser, remployer, rapiécer et réparer tant que possible. Et ne jamais gaspiller! On apprécie tous les deux les éthiques de travail rigoureuses. L’une des choses que j’aime le plus chez toi, c’est ta générosité dans le cadre professionnel: ta rigueur est très positive, et je vois l’impact qu’elle a sur tous les gens qui visitent ton studio et qui travaillent pour toi. C’est pour cette raison que j’aime venir dans ton studio. Ça m’a aidé à me redresser, moi aussi. Le studio est un lieu sacré pour toi, et pour moi aussi. C’est un endroit où les idées et les solutions se concrétisent. Ça me réjouit énormément.

Je suis heureux d’entendre ça, parce que c’est très important pour moi. Il faut toujours partager lorsqu’on le peut.

Plus jeunes, en tant qu’individus, on essayait de tout conquérir et on n’avait pas tendance à partager.

On était prêts à tout pour payer nos factures, trouver notre voix et tout comprendre par nous-mêmes. Ce n’est pas facile. Je fais la même chose depuis 30 ans et je me suis simplement amélioré au fil du temps. La peinture et la sculpture, c’est de la production. Personne dans notre équipe n’a de rôle négligeable. La personne qui change la litière du chat est tout aussi essentielle au programme spatial que moi ou qui que ce soit d’autre. Mon seul talent, c’est de choisir les bonnes personnes. Mais même dans ce cas-là, j’ai seulement raison une fois sur deux.

La clé est d’effectuer son travail correctement et d’en devenir maître. Que ce soit de pelleter la litière, de faire la vaisselle, de façonner un chawan ou de construire une radiocassette, c’est toujours une question de discipline.

Et c’est ce que j’adore de cet endroit. Les gens veulent bien faire leur travail et ça paraît. L’esprit d’équipe est tellement important. Tu es un bon leader. Tu as construit une équipe phénoménale au fil des années. Tu tiens à eux, tu prends le temps de leur apprendre des choses et tu veux qu’ils évoluent en tant qu’individus et en tant qu’artistes, mais tu refuses qu’on se foute de toi. Les membres de ton équipe sont devenus une partie cruciale de ton travail et de ton éthique de travail. Vous avez établi une vraie synchronicité.


Je vois souvent des gens travailler de façon très intense en brûlant la chandelle par les deux bouts pour arriver à expédier une exposition. Tu sembles toujours contrebalancer le délire des projets avec une récompense, un moment de repos et de réflexion où l’on apprécie la compagnie des autres. Ça peut être un dîner de groupe, une pause surf ou une fête de Noël déchaînée. Il y a toujours une activité de relâchement.


Et j’adore ta soirée de Noël! Ou plutôt ta soirée des fêtes, celle où tu rends hommage à Noam Chomsky. C’est incroyable. La préparation…

Ça prend des semaines. [Note de la rédaction: La directrice du studio, Erum Shah, intervient: «Des mois!»]

Il y a un cadeau des fêtes, un échange anonyme…

En fait, on est en train de produire le cadeau des fêtes. Et personne ne peut entrer dans mon studio pendant une semaine, il est scellé et seulement trois d’entre nous y travaillent. Je ne veux pas que les gens sachent de quoi il s’agit parce que c’est une surprise! Le jour de la fête est mon préféré, parce qu’on installe l’éclairage. On le fait toujours à 17h59, je suis sur une échelle et je passe près de tomber et d’aboutir aux urgences avec une cheville brisée.

Vous organisez ces célébrations depuis très longtemps et elles deviennent de plus en plus réfléchies. Elles ont l’effet d’un grand soupir de soulagement pour toutes les personnes qui travaillent d’arrache-pied à longueur d’année. Surtout cette année, alors que vous essayiez de travailler, de produire et de survivre en pleine pandémie. Pour la première fois, on a dû s’arrêter, réfléchir à ce qu’on faisait et reconfigurer.

Ça été une remise à zéro. On était tous séparés, on travaillait à partir de nos appartements respectifs et on s’envoyait des matériaux dans des voitures sans passagers. Mais on travaillait ensemble et maintenant, le programme spatial va être présenté au Deichtorhallen à Hambourg. C’est notre quatrième mission: on se rend sur Vesta, un astéroïde de la ceinture principale. Il était considéré comme une planète dans les années 1860, puis il a été déclassé, comme Pluton. On est là pour extraire de l’or parce qu’il n’y en a plus ici, sur Terre, en raison de la production annuelle massive de téléphones cellulaires. Voilà notre mission. On a visité la Lune, Marc, Europa et maintenant Vesta. C’est la version la plus complexe du programme spatial qu’on ait conçue jusqu’à présent, et de loin. J’ai l’impression de revenir en force.

Et toute l’équipe va se rendre à Hambourg.

Oui, tu vas tous nous voir là, en uniforme.

Je vais venir avec ma famille. Je veux mon propre uniforme!

Évidemment. Organisons une séance d’essayage!

De gauche à droite: Ava Isabella Maria, Gökçe Güvenç, Serena Smith, Tom Sachs, Beau Davitt et Erum Shah. De gauche à droite, à genoux: Kanae Sawaguchi, Luc Hammond-Thomas et Nancy Handelman.

Je me sens choyée d’être témoin de ta folie et de ton génie. Je suis vraiment fière de ce que tu as accompli et de ce qui t’attend. Tes œuvres ont un but, elles reflètent ta détermination et ton dévouement, et je suis heureuse d’avoir assisté à ton parcours. On a pris tout ce qu’on aimait le plus et on l’a converti en une collection de sculptures, de tableaux, de films instructifs, de zines et de bricolages. Il n’y a rien de plus gratifiant selon moi. Quel est ton mantra? «La récompense du travail bien fait, c’est avoir plus de travail.» C’est la vérité suprême.

J’aime dire que ce travail comporte deux parties: l’art que l’on crée et la façon dont on le présente dans le monde.

C’est vrai. Tu as mené le processus de création, et d’autres personnes peuvent maintenant mener le processus de consommation. Je me sens presque chanceuse d’avoir grandi à une autre époque. On n’avait pas d’appareils pour nous distraire. On a été libres de leur emprise vampirique pendant tout le début de notre vie. On avait le temps de penser, de jouer, de faire exploser des choses et de causer des ennuis. Les appareils nous dévorent impunément. Nous en sommes devenus accros. Quoique j’en apprécie certains aspects.

Dernièrement, je réfléchis à cette machine, mon téléphone, et je constate qu’elle encourage rarement la créativité. C’est un outil parfait pour la consommation, conçu sur mesure pour assouvir mes pulsions les plus malsaines dans mes moments les plus malsains. Je travaille sur des rituels qui m’aident à briser le cycle, dont un que j’appelle «Output Before Input» [Produire avant d’absorber] je touche de l’argile, je dessine… À présent, je dessine un hélicoptère chaque matin. Cette partie de la journée est très importante, parce qu’on est très connectés à notre état de rêve surréel et que les contradictions semblent aussi valides que la réalité. Les ordinateurs sont composés de zéros et de uns, mais l’art n’a un sens que lorsqu’il est insensé, comme notre subconscient.

J’ai arrêté d’utiliser mon adresse électronique.

Quoi? Je n’étais pas au courant. Depuis quand?

Ça fait un petit bout de temps. Je recevais tellement de messages indésirables et j’ai perdu le contrôle. Aussi, je m’en fous. Je n’ai pas besoin de ce genre de communication. Tous les gens avec qui je m’associe sont des gens que je connais et à qui je fais confiance, alors on se contacte par textos ou au téléphone. Je vois les courriels comme des fils de messages qu’on utilise pour avoir les autres à l’œil, juste au cas où quelque chose tournerait mal. Ce n’est pas pour moi.

Tu as raison. On ne s’écrit pas vraiment de courriels ou de textos. On s’envoie des photos, à l’occasion. Des trucs stupides qui nous plaisent et qui nous font penser l’un à l’autre.

On s’appelle souvent sur FaceTime, surtout pendant la pandémie.

Ça, c’est parler! Tu m’as appelé quand tu t’es découragée en produisant ta pièce inspirée de Krusty. Pour ajouter un peu de contexte, Mary s’est énervée en me fabriquant un incroyable bol à sucre à l’image de Krusty le clown…

Ce n’est pas vraiment Krusty, c’est toi avec un air de Krusty. Ton alter ego. Je paniquais: est-ce que je devrais le peindre ou laisser la porcelaine brute? C’est un gros dilemme parce que c’est pour toi! Je te dois cet objet depuis six ans!

Tu dois me le donner! Je ne possède aucune de tes créations. J’ai beaucoup de mots d’amour et de petits croquis cachés dans des boîtes, par contre.

Bref, on en a parlé au téléphone pendant que tu conduisais et j’en suis venue à la conclusion que je le laisserais simple et net, en porcelaine brute avec une touche de McDonald’s.

Parfait! C’est ce que je veux. Je sais exactement où je vais le ranger.

Ce texte est l’un des deux articles vedettes du numéro automne-hiver 2021 du magazine SSENSE imprimé.

Mary Frey est née à la Nouvelle-Orléans et a déménagé à New York à 19 ans, où elle s'est passionnée de l'art et de la confection. Elle a cofondé le collectif Satan Ceramics avec les artistes Tom Sachs, Patrick McCarthy et JJ Peet. En 1997, elle a rencontré son conjoint, le photographe Mario Sorrenti. Avec leur fils Arsun et leur fille Gray, le couple collabore étroitement à différents projets créatifs.

  • Entrevue: Mary Frey
  • Photographie: Shaniqwa Jarvis / SN37
  • Production: Tann Production
  • Remerciements spéciaux à: Ava Isabella Maria, Erum Shah, Kathy Acimovic, Necim Abiadh, Serena Smith
  • Traduction: Liliane Daoust
  • Date: 6 octobre 2021