Tout le monde est allé au cinéma

Comment la publication cinématographique indépendante Screen Slate est devenue indispensable – et le modèle d’un bon site web en 2025.

  • Texte: Ross Scarano
  • Photos: Brian Karlsson

L’été dernier, la Brooklyn Academy of Music a présenté une restauration de S’en fout la mort, un film noir du début de carrière, rarement projeté, de l’iconoclaste française Claire Denis. C’est un récit austère de combats de coqs et de colonialisme se déroulant dans un relais routier-boite de nuit miteux en banlieue de Paris. J. Hoberman, cette légende vivante de la critique cinématographique, a célébré la sortie dans la chronique «Rewind» du New York Times. Richard Brody, le vieux devin imprévisible du New Yorker, l’a qualifié de «premier chef-d’œuvre» de la cinéaste dans son évaluation en ligne. Complétant ce tour du chapeau de la couverture médiatique, le site de cinéma indépendant Screen Slate a publié une interview poignante et approfondie avec Denis et Isaach de Bankolé, l’un des protagonistes du film. De nos jours, en matière de publicité, on n’aurait pu espérer mieux pour la projection d’un film de répertoire.

Le New Yorker et le Times sont des institutions bien établies (les deux publications totalisant 274 années d’existence); Screen Slate est le nouveau venu exubérant, un site web gentiment anarchique lancé en 2011– et qui est depuis devenu indispensable aux cinéphiles de New York. Ce que fait Screen Slate est d’une simplicité déroutante: il publie des annonces. Chaque jour, on y trouve toutes les projections de films de répertoire à New York, ce qu’il y a à voir et à faire dans les cinémas «art et essai», dans les organisations à but non lucratif, dans les galeries et autres espaces créatifs, et ce, dans tous les arrondissements de la ville. (Des programmateurs de plusieurs cinémas m’ont dit que le site aide à attirer un public plus jeune.) À côté des informations essentielles sur les projections apparaissent de courts essais et des interviews. C’est tout. Le concept du site est si simple qu’il est surprenant que personne ne l’ait fait auparavant; mais ce qui est encore plus étonnant, c’est que la plateforme connaisse du succès, de manière constante, depuis près de 15 ans.

L’interview publiée sur le site pour S’en fout la mort, signée par le contributeur régulier Steve Macfarlane, faisait près de 4000 mots; une publication grand public n’accorderait jamais autant d’espace à ce genre d’articles. Mais Screen Slate se dévoue au septième art – avec passion, de manière échevelée, sans réserve ni anxiété quant à son lectorat et à la publicité. En fait, il n’y a pas de publicité sur le site, pas de péage informatique, et il n’y en aura jamais.

Fondé par Jon Dieringer par nécessité obsessionnelle – il venait de déménager à New York et ne pouvait pas croire qu’aucun outil ne recensait encore les projections de films de répertoire au même endroit – Screen Slate reflète l’énergie chaotique et diffuse de la culture cinématographique contemporaine (tout en se protégeant de ses instincts les plus stupides) mieux que toute autre publication. C’est à la fois intellectuel et populaire, ésotérique et vulgaire, au fait de YouTube et du piratage. Il couvre la pornographie et l’art expérimental de l’image en mouvement. C’est punk et contestataire, politisé et direct. En 2024, il a publié une lettre ouverte appelant le Festival du Film de New York à cesser son partenariat avec Bloomberg Philanthropies parce que l’organisation «est directement impliquée dans la facilitation de l’infrastructure de colonisation en Cisjordanie et dans la négation des droits fondamentaux des Palestiniens et Palestiniennes».

Le site a beaucoup d’humour – il a un jour programmé une série intitulée «Kill Yr Landlords» [Tuez vos propriétaires], en l’accompagnant d’un fanzine illustré (le site propose régulièrement des fanzines et des produits dérivés uniques). Il est géré par des cinéphiles averti·es ayant grandi dans l’ère d’internet qui ont l’accessibilité à cœur; le rédacteur en chef de 24 ans, Nicolas Pedrero-Setzer, est un diplômé de NYU déterminé à purger la publication d’un quelconque «jargon artistique» et de tout autre langage opaque: «Si on couvre un film qui d’emblée parait étrange à la plupart des gens et qu’en plus l’auteur est incompréhensible, ce n’est pas bon pour le film.» Certain·es de ses employé·es ont des liens avec des studios et distributeurs de renom (Dieringer travaille avec A24, à titre de réviseur et de consultant pour des livres, des fanzines et des sorties Blu-ray, et l’ancien rédacteur en chef Maxwell Paparella travaille maintenant pour Mubi). Le réalisateur Sean Baker et le cinéaste Aaron Schimberg ont été parmi les premiers à soutenir la plateforme. Des grands noms de la critique cinématographique comme Amy Taubin y contribuent. Brody y soumet ses premiers coups de cœur de l’année. Et Penske Media n’en fera jamais l’acquisition.

Consulter le site fait désormais partie intégrante du processus d’aller voir un film à New York, si bien qu’en 2019, le propriétaire du cinéma Metrograph du centre-ville a proposé de l’acheter. Dieringer a refusé: «Culturellement, je trouvais qu’il n’y avait pas une bonne adéquation.»

Des membres de l’équipe de Screen Slate.

Avant de vivre à New York, Jesse Trussell lisait Screen Slate. Quand il habitait encore à Austin, au Texas, Trussell allait souvent au cinéma et voulait savoir ce qui se passait dans l’épicentre de la cinéphilie des États-Unis. Il a finalement déménagé dans la métropole et commencé à travailler pour la Brooklyn Academy of Music (BAM). Il occupe actuellement le poste de directeur du programme de cinéma de cet organisme à but non lucratif. Quand Screen Slate écrit sur une projection ou une série présentée à la BAM, il se sent validé.

«Ils ont développé une communauté incroyable de personnes à la curiosité vorace et à l’esprit aventureux», dit-il à propos du site. En mettant en évidence la programmation de la BAM, Screen Slate envoie le message qu’elle «vaut le détour». «On constate une nette augmentation [des ventes de billets]», ajoute Trussell.

Trussell, qui travaille maintenant pour la BAM depuis plus de dix ans, a vu des publications qui auraient couvert les évènements cinématographiques locaux, comme The L Magazine ou The Village Voice, se contracter et s’effondrer en archives brisées avec des erreurs 404 ou se muter en incarnations résiduelles échangeant des élucubrations générées par l’IA sur les créateurs d’OnlyFans.

Émergeant de ce vide, Screen Slate est devenu crucial. Dennis Lim, le critique, programmateur et directeur artistique estimé du Festival du Film de New York, a écrit par courriel qu’il ne se souvient pas du moment où il a pris connaissance de Screen Slate, mais il a reconnu sa valeur: «Je pense que beaucoup d’entre nous qui avons participé à la culture cinématographique de New York ont réalisé tout de suite que c’était une ressource essentielle – quelque chose qui a comblé le vide laissé par la diminution et la fermeture graduelles des petits hebdomadaires.»

Dieringer, 39 ans, compare la gestion de son site web au scénario de Night of the Living Dead, en particulier à la tâche désespérée de protéger la ferme contre l’assaut des zombies. Screen Slate est la ferme – un lieu de rassemblement modeste, magnifiquement utilitaire, et un avant-poste de civilisation après que les morts-vivants émergent pour semer le chaos. En effet, grâce à une refonte en 2015 par le graphiste Bráulio Amado, c’est un site web agréable à lire, sans fenêtres intempestives ni bannières publicitaires. Les indicatifs visuels d’Amado sont rares; une flèche noire sur le côté gauche de la page suffit à guider les visiteur·ses vers les horaires des séances.

«Je la trouve comique», explique Amado à propos de sa flèche. Vétéran de Bloomberg Businessweek, le graphiste dit que lorsque Dieringer l’a contacté pour la première fois, il lui a expliqué qu’il n’était pas très bon en conception web (il est avant tout graphiste et illustrateur). Mais Dieringer préfère travailler avec des gens marginaux, des non-spécialistes. Amado a accepté de le faire parce qu’il consultait et aimait déjà le site. «Ça faisait un bon moment que je n’avais pas conçu de site web, et je n’en ai conçu aucun autre depuis», m’a-t-il dit.

Des membres de l’équipe de Screen Slate.

De gauche à droite: Jon Dieringer, John Klacsmann, Caroline Golum, C. Spencer Yeh.

Pendant ce temps, les zombies se présentent sous toutes sortes de formes. Publicité médiocre. Mauvaise expérience utilisateur. Investissement en capital. Titres optimisés pour Google. Articles sur le cinéma qui ne sont guère plus que des tentatives désespérées de marketing. Il y a beaucoup de façons pour un site web de mal tourner, mais Dieringer a réussi à maintenir Screen Slate en activité pendant près de 15 ans. Les zombies n’ont pas forcé leur chemin nécrotique à travers les humbles planches de bois clouées sur les portes et fenêtres.

Je dirais que le cœur de Screen Slate est son infolettre quotidienne; pour les cinéphiles de New York, c’est un guide incontournable. Chaque jour depuis le 13 février 2011, Screen Slate envoie un courriel contenant les projections de films de répertoire à New York pour cette date et, généralement, un court article sur l’un des films à l’affiche. (Il existe également une infolettre pour les cinéphiles de San Francisco.) «Au risque de vous dégouter, m’a confié Dieringer, j’ai probablement envoyé l’infolettre plus souvent que je ne me suis brossé les dents.» Il y a des moments où l’hygiène personnelle passe au second plan, mais jamais il n’oublie d’envoyer le courriel aux 15000 abonné·es.

Originaire de Canton, en Ohio, Dieringer a grandi à distance de vélo d’un club vidéo. La découverte de l’œuvre de David Lynch à l’adolescence a été pour lui une révélation, et lorsqu’il est tombé sur un exemplaire de l’étude canonique de Hoberman et Jonathan Rosenbaum sur le cinéma culte, Midnight Movies, dans un Borders, le côté expérimental du médium a piqué sa curiosité: Jonas Mekas, Jack Smith, Ken Jacobs. Tout comme Jeffrey Beaumont trouvant l’oreille coupée dans un terrain vague de sa ville natale, Midnight Movies a aidé à éveiller Dieringer à un monde au-delà de Blockbuster et du multiplexe local. «Penser à ces projections gratuites, inclusives et impliquant le public suscitait vivement mon intérêt, a-t-il dit. Les textes de Hoberman sur les accusations d’obscénité contre ce groupe de cinéastes et de conservateurs pour avoir montré Flaming Creatures... c’est probablement ce livre qui m’a conduit jusqu’à New York, en fait.»

Ce qui l’a attiré vers Midnight Movies, c’était sa couverture ornée d’une image frappante de Jack Nance dans Eraserhead, un film que Dieringer n’arrivait à trouver nulle part. Avec l’avènement des plateformes de diffusion en continu, il est de plus en plus difficile de retrouver la sensation d’avoir un film hanter son esprit comme un fantasme, titillé par une simple affiche et peut-être une poignée de critiques attestant de son étrangeté, pendant des années. Finalement, Dieringer a acheté «un exemplaire piraté d’Eraserhead en VHS avec sous-titres japonais lors d’un salon sur le cinéma d’horreur dans un Holiday Inn près de Cleveland». Ses attentes n’ont pas été déçues.

Nous vivons une période sans précédent en matière d’archives, ayant aujourd’hui accès aux recoins les plus poussiéreux et les plus négligés de l’histoire du cinéma. Letterboxd fournit un cadre sur les médias sociaux, excitant ce faisant la compétitivité des cinéphiles, pour trouver des œuvres rares, tel un collectionneur compulsif de cinéastes méconnu·es et de sous-genres obscurs. Ce qui n’équivaut pas, cependant, à un retour aux années 60, quand la culture cinématographique était la culture, et que les provocations prolifiques de Godard et les critiques de Sontag contribuaient à définir ce qui était cool et nécessaire pour les esprits curieux. Partout on nous inonde d’images en mouvement, de contenu visuel en format court. Harmony Korine a beau insister sur le fait qu’un diffuseur en continu comme IShowSpeed est le nouveau Tarkovsky, rien ne garantit que le cinéma sera à nouveau l’épicentre culturel. Hollywood, comme vous le savez, vit une crise existentielle perpétuelle; en mars, Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, a déclaré la mort des salles de cinéma.

Des membres de l’équipe de Screen Slate.

L’un des grands atouts de Screen Slate est qu’il a un mandat clair et concret – recenser ce qui est projeté à New York et à San Francisco –, ce qui évite au site de tomber dans certains pièges. Il n’est pas lié au calendrier des nouvelles sorties. Il ne fait pas le commerce des palmarès. Il ne représente pas une tentative de construire un nouveau corpus (bien que ses articles font souvent dans la revendication), et ce n’est pas non plus un recueil, comme l’un de ces volumes VideoHound épais comme des briques, dont vous vous souvenez peut-être, qui classaient dans les années 90 les films selon un système d’os entiers et de demi-os. Le succès de Screen Slate en tant que publication réside dans son point de vue éditorial – c’est-à-dire, son gout – sur un vecteur de culture en constante évolution à un endroit et à un moment précis. Dieringer est lui-même archiviste et programmateur, et prend au sérieux la création d’un répertoire de ce qui est programmé où.

Récemment, Screen Slate a coprésenté la série «Women, Workers, and Whores on Film» aux Anthology Film Archives, programmée par l’universitaire, artiste et cinéaste Ayanna Dozier. «J’ai approché Jon parce que j’apprécie ce que fait Screen Slate en matière de programmation communautaire, dit-elle. Comment le site traite les contributeur·rices et son soutien aux personnes qui passent par Screen Slate en tant qu’auteur·rices ou organisateur·rices d’évènements. Je me souviens de l’un des premiers évènements de Screen Slate auxquels je suis allée, c’était un pique-nique barbecue en 2020. Créer des espaces où les gens se rencontrent est vraiment important pour réfléchir à la réalité de ce que signifie exister dans une communauté cinématographique.»

Patrick Dahl, l’un des contributeurs les plus prolifiques du site et un ami de longue date de Dieringer, a grandi au milieu d’une vidéothèque artisanale. Légèrement encline à l’accumulation, sa mère enregistrait des films sur la chaine HBO et étiquetait chaque cassette à la main. Il y en avait des centaines. «Elle adorait les beaux mecs, raconte Dahl, et sa collection mettait en vedette les rôles de Tom Cruise et de Richard Gere, entre autres vedettes masculines séduisantes. Il a évolué dans cette vidéothèque sans aucun contexte; contrairement aux boites VHS de l’époque, ces cassettes n’arboraient ni illustration ni résumé, elles ne portaient que les titres écrits sur le côté dans la cursive robuste de sa mère. Il a ensuite découvert le corpus de l’American Film Institute et l’a regardé avec le zèle d’un étudiant brillant. (Dahl travaille dans le milieu de l’éducation préscolaire.)

«Screen Slate est chaleureux», avance-t-il. Enfant, il voulait un grand frère pour l’initier à ce qui était cool et excitant, mais il a dû se contenter du travail de critiques comme Ebert et Rosenbaum. Il espère que le site puisse servir de grand frère aux cinéphiles en herbe d’aujourd’hui.

Surimpressions de l’ensemble des membres de l’équipe de Screen Slate.

Les courts essais de Screen Slate existent au-delà des évaluations du bien ou du mal; ils sont destinés à susciter l’intérêt et à diriger l’attention. Dahl a écrit avec chaleur au sujet du film d’horreur de série Z de 1995 Ice Cream Man, avec entre autres cette jolie phrase: «Il se déroule entièrement sous le plafond bas de l’imagination morbide d’un préadolescent pré-internet, et c’est en grande partie ce qui fait son charme.» (Quand j’ai mentionné l’article à Dahl, il s’est souvenu d’avoir vu le film au secondaire avec Dieringer et une amie à eux de l’époque. «Elle est membre du mouvement suprémaciste blanc aujourd’hui», m’a-t-il confié.)

«Je ne dirais pas que Screen Slate offre beaucoup de critiques cinématographiques, et je pense que Jon serait d’accord avec moi là-dessus», m’a dit Dozier. «Je pense que le rôle du site est de présenter des commentaires pour permettre au public de s’intéresser à des films qui risqueraient autrement de tomber dans l’oubli. Ces commentaires sont incroyablement riches et les personnes qui les rédigent synthétisent les films de façon à faciliter un tout petit peu l’approche de l’œuvre.» Pour sa part, elle a écrit sur des films aussi variés que le film de vampires avec Aaliyah, Queen of the Damned, le film de zombies de 1935 Ouanga, et le travail expérimental de la réalisatrice Shu Lea Cheang. «Je considère Screen Slate comme une drogue d’initiation au monde de la critique cinématographique», dit-elle.

Bien qu’il ait vu le jour sous forme strictement bénévole, Screen Slate paie son personnel et ses collaborateur·rices grâce à des subventions de la ville et de l’État pour les organismes à but non lucratif, ainsi qu’avec l’argent qu’il récolte via Patreon et des courriels promotionnels financés par certains cinémas. Pendant les dix premières années, Dieringer a tout révisé lui-même. Même maintenant, avec son équipe de contributeur·rices, la débrouillardise sur laquelle repose l’opération contribue à son succès. Le processus peut être intransigeant, et c’est ce qui explique en grande partie sa qualité. C’est un plaidoyer pour une expérience web épurée et utilitaire à l’ère des hallucinations de l’IA, des liens d’affiliation et des myriades de comptes Substack mal écrits qui viennent vers vous avec leurs mains tendues.

J’ai demandé à Dahl ce qui motivait Dieringer à continuer, des années après le début de l’aventure, même après s’être épuisé à maintes reprises en cours de route en raison des efforts qu’exige le maintien de son entreprise. Était-ce par orgueil? Par sens du devoir?

Dahl y a réfléchi. «Ça lui a permis de rester au cœur de l’action, m’a-t-il finalement répondu. Il s’est construit ce rôle important dans ce monde dont il voulait faire partie, et il l’a fait sans se vendre.» Il m’a parlé d’une époque en 2017 où l’équipe finissait de relire un fanzine sur la franchise Jackass. Dieringer était à l’hôpital, confronté à un problème de santé familial, et le fanzine devait partir à l’impression. «Il aurait été très compréhensible qu’il abandonne le projet, a dit Dahl. Et il voulait vraiment qu’on le finisse sans lui.» Mais il ne l’a pas fait. (Artforum a écrit plus tard sur Jackass et le fanzine.)

Jon Dieringer.

Le site pourrait-il survivre sans Dieringer? Il n’est pas absurde de spéculer que si le site devait fermer, il y aurait de réelles conséquences matérielles sur les ventes de billets à New York. La ville a besoin de Screen Slate, ou de quelque chose de semblable.

«Honnêtement, je ne sais pas», commente Dieringer à propos de l’éventualité de poursuivre Screen Slate avec un autre leader. «J’ai tout fait moi-même pendant tellement longtemps, le projet est pour moi très personnel.»

«J’aurais l’impression d’être un vrai trou du cul [en fermant le site], ajoute-t-il. Mais je trouverais ça vraiment nul de ne pas être impliqué. Je pense qu’il pourrait continuer à exister sous une forme ou une autre, mais je pense qu’il serait moins cool.»

Quelqu’un doit s’occuper de la ferme.

  • Texte: Ross Scarano
  • Photos: Brian Karlsson
  • Traduction: SSENSE
  • Date: 30 mai 2025