Tout le monde ♡ Xaviersobased

Comment le jeune rappeur le plus en vue de New York construit sa vie au-delà d'Internet.

  • Par: Drew Millard
  • Photographie: Julius Frazer

Xaviersobased est dans son élément. Le rappeur et producteur de 22 ans est confortablement installé dans l'East Room du Nine Orchard, un hôtel de luxe au charme suranné aménagé dans un ancien bâtiment bancaire, dans le secteur de Dimes Square à New York, où se côtoient boutiques de streetwear et de skate. Allongé sur une banquette de la salle à manger, son attention oscille entre le match de la Coupe du monde diffusé en arrière-plan, le bol de bonbons posé sur la table et notre conversation. L'artiste, qui paraît encore plus jeune que son âge, porte un jean Dior, des Vans à enfiler à carreaux et un sweat-shirt blanc Element Skateboards muni d'une capuche amovible qu'il finira, au fil de l'après-midi, par détacher pour la porter négligemment sur la tête.

Nous parlons, naturellement, d'Internet. Je lui raconte que moi, du haut de mes 37 ans, j'ai grandi à une époque où le web ressemblait à un territoire à part entière du hip-hop. De la même manière qu'un rappeur pouvait venir de Chicago, de Houston ou de la Bay Area avec une identité sonore bien distincte, les artistes « issus d'Internet » avaient eux aussi leurs codes. Je lui dis que pour les gens de sa génération, je ne suis pas sûr que ce soit le cas — les choses sont plus intégrées.

« Internet, c'est un truc de fou », déclare Xaviersobased. « C'est très imbriqué dans la vie réelle, mais il y a aussi l'Internet où traînent les vrais internautes, tu vois ? T'as des trucs comme 4chan, tous ces recoins bizarres du web. »

Je commence à lui raconter quelques anecdotes dont je ne me souviens qu'à moitié sur le forum /mu/ de 4chan, notamment leur fascination pour l'album In the Aeroplane Over the Sea de Neutral Milk Hotel. « C'était plus ou moins un album-concept sur Anne Frank. Dit à voix haute, ça paraît complètement absurde. »

« Mais c'est sûrement génial, quand même », répond Xav.

Et il faut bien dire que son sweat-shirt Element, surtout associé au jean de designer, est lui aussi franchement réussi. Un exemple presque parfait de cette esthétique du swag dadaism, où tout semble volontairement dépareillé et assemblé sans logique apparente. Je lui dis qu'il me rappelle un rugby Ralph Lauren à capuche amovible que je portais à son âge — probablement le seul vêtement dont j'ai vraiment regretté d'avoir perdu. Lui pense immédiatement à un vieux T-shirt qu'il possédait. Rien d'exceptionnel, précise-t-il. Il avait simplement l'impression qu'il faisait partie de lui, et aujourd'hui, il a disparu. Son DJ et manager, un grand gaillard jovial nommé DJ Rennessy, est installé dans un fauteuil en cuir près de la cheminée, les pieds posés sur le manteau. Il prend la pose pour une photo, les mains jointes, dans une attitude qui rappelle immanquablement un cliché publicitaire de Fat Joe dans les années 90.

« Internet, c'est un truc de fou »

Xav, Ren, leur chargé de communications Sam et leur vidéaste Poortfolios sortent tout juste d'un shooting avec Larry Clark — le réalisateur de Kids et de diverses séries de photos illustrant des jeunes s'adonnant au sexe/drogues/violence etc. Aujourd'hui octogénaire et moins mobile qu'autrefois, Clark a dirigé la séance à distance avec l'aide d'un assistant. Rien qui n'enlève quoi que ce soit, aux yeux de Xavier, à l'importance du moment. Se faire photographier par Larry Clark reste une forme de consécration : un sceau d'approbation rare qui l'inscrit dans la lignée de quelques-unes des figures les plus iconiques à avoir marqué leur époque.

Chaque fois que j'essaie de décrire sa musique aux autres « milléniaux » (qui, entre les prêts hypothécaires, les enfants et les emplois à temps plein exigeants mais effroyablement sous-payés, sont collectivement de moins en moins branchés chaque jour), je finis généralement par dire qu'il est quelque part entre Max B et Yung Lean. La comparaison est imparfaite, et je n'ai aucun mal à admettre que je l'ai d'abord lue sur Pitchfork. Si elle tient à peu près la route, c'est parce qu'elle met le doigt sur la tension qui traverse la musique de Xav. À bien des égards, c'est un enfant typiquement new-yorkais, même si les particularités de sa musique ne correspondent pas au boom-bap rugueux d'antan.

Prenez le vidéoclip de son plus récent morceau, Party At My Place. On y voit Xav, Ren et leur entourage faire la fête dans un immense entrepôt aux côtés de Skrillex (qui a coproduit le titre avec Dylan Brady de 100 gecs). Puis, à mi-parcours, une lumière noire s'allume soudainement et on se retrouve en plein mode Belly, avec les yeux qui brillent et tout le reste. Sur un beat minimaliste et métallique (c'est un compliment), le flow aérien de Xav évoque Ma$e, tandis que sa cadence doit beaucoup à Lil B the Based God. Une influence qui n'a rien d'étonnant pour quelqu'un dont le nom contient littéralement le mot « based ». Pendant ce temps, le vidéoclip de Worth It reprend tous les codes du clip new-yorkais par excellence : Xav pose dans la rue, un chaton dans les bras, entouré d'une foule venue témoigner de sa popularité bien réelle. Le morceau, lui, est à la fois pressant et euphorique. Xav y affirme avec aplomb qu'il est dehors pendant que « vous scrollez sur TikTok, moi j'utilise pas Reddit. » (Même si, avec un titre comme Negative Canthal Tilt à son actif, il est évident qu'il connaît très bien les recoins d'Internet.) Comme interprète, Xav possède une véritable amplitude : sur Uncomfy, au titre volontairement provocateur, lui et OsamaSon évoluent sur une production shoegaze. Mais sur ses meilleurs morceaux — iPhone 16 ou keepitgoin, notamment —, il semble totalement dans son élément, et sa joie est irrésistiblement contagieuse.

À mes yeux, Xavier incarne la plus récente variation d'un archétype bien établi du hip-hop new-yorkais, celui que le creuset culturel de la ville fait émerger de temps à autre : une nonchalance innée, une confiance tranquille, une rugosité qui lui est propre, tout en surgissant complètement là où on ne l'attend pas. Rammellzee est une figure aussi fondatrice du rap moderne que n'importe qui d'autre, tout en fréquentant Basquiat et en inventant, ou presque, une forme de hip-hop abstrait. Kool Keith a contribué au canon avec Ultramagnetic MCs avant d'expédier ses rimes dans l'espace. Company Flow, puis Cannibal Ox, pouvaient rivaliser en cypher avec n'importe qui, mais ils étaient plus intéressés par le rap sur des instrumentaux tellement en avance sur leur temps que leurs parents ne les avaient pas encore entendus. Une musique pensée pour résonner au-dessus du vacarme de la ville, où la saturation flirte avec les limites de l'intelligible, enregistrée dans des appartements exigus remplis de types dans un nuage de fumée d'herbe si épais qu'il est presque audible. Une musique qui ne se soucie pas de la commercialité, uniquement de faire hocher les têtes de leurs proches et décrocher des mâchoires. Ce n'est pas une question de style, mais d'état d'esprit — un état d'esprit qui renouvelle sans cesse son esthétique pour s'adapter à l'époque.

Lorsque j'expose cela à Xavier en conversation, tentant d'aboutir à un point selon lequel il résout en quelque sorte, d'une manière que je ne peux même pas commencer à expliquer pleinement à moins d'être très, très ouvert d'esprit et très, très défoncé, une certaine tension dialectique entre la gravité sinistre de Cannibal Ox et l'absurdité très Internet de Das Racist. Mais je m'embrouille à vouloir lui expliquer qui était ce dernier groupe et je n'arrive même jamais jusqu'au remix de Huzzah. Au moment où Xavier lance le vidéoclip de Rainbow in the Dark et s'exclame : « Ils étaient fous ! », j'ai complètement perdu le fil de mon raisonnement.

Je lui dis que j'aurais aimé écrire mes questions pour lui dans l'ordre ; il rit et répond, « Fuck it ».

Il y a chez Xav une douceur sincère. Il est sans malice, sans ruse et sans artifice. Né et élevé dans l'Upper West Side, il a grandi avec une mère DJ. Avec son frère aîné Alexander, il passe son adolescence à faire du skate — Xav considère d'ailleurs le vidéoclip Cherry de Supreme comme une œuvre fondatrice. Si Alexander se tourne vers le punk, le hardcore et le metal avant de passer à la musique électronique, Xav, lui, est d'abord attiré par le hip-hop. (Il maîtrise tout de même suffisamment les codes du punk pour que nous ayons une brève conversation sur les nombreux changements de formation de Black Flag, jusqu'à l'arrivée de Mike Vallely au chant.)

« Je suis tellement fier de lui. Je l'aime plus que tout », raconte Alexander, qui se trouve être le producteur de hardstyle/gabber basé à Brooklyn, membre du collectif BODY*BAG. Alexander, six ans son aîné, a finalement déménagé à Bushwick, où il s'est immergé dans la scène DIY. Xav fait régulièrement le trajet pour lui rendre visite, regarder des vidéos de skate et traîner ensemble. C'est aussi son frère qui l'a emmené à son premier concert. « J'oublie les genres, mais y avait plein de groupes et une performance expérimentale », me raconte Xavier, incapable de se souvenir de beaucoup plus. (« C'était probablement un concert de Machine Girl », avancera Alexander lorsque je lui poserai la question plus tard.)
Puis arrive la pandémie. « J'avais 16 ans pendant le COVID. C'était nul », dit Xavier, qui était coincé à l'intérieur sous le toit de sa mère. Pourtant, ajoute-t-il, « ça m'a permis de construire les bases de tout ce que j'ai aujourd'hui. Ça m'a vraiment permis de me concentrer. Sans le COVID, j'aurais été distrait — dehors, à faire n'importe quoi. » Pour l'adolescent Xav, dont l'univers s'est soudainement rétréci aux quatre murs de sa chambre et à son ordinateur, les serveurs Discord deviennent une version virtuelle des scènes underground que son frère lui avait fait découvrir. Un endroit où expérimenter avec sa musique. « J'y suis encore, dans plein de serveurs. Je ne les ai jamais quittés. »

« J'avais 16 ans pendant le COVID. C'était nul. [Mais] ça m'a vraiment permis de me concentrer. »

À l'époque, les étoiles polaires de sa scène étaient des collectifs comme Novagang (qu'il rejoindra plus tard), le groupe new-yorkais Surf Gang (qu'il rejoindra également plus tard), les pluggnb-ers Slayworld, et Drain Gang. «C'était tous des coins de l'underground», ajoute Xav.
En parlant de l'underground, il est temps d'aborder la légende de DJ Rennessy. À 33 ans, il a plus d'une décennie de plus que Xav et appartient à une tout autre génération du rap underground. Depuis des années, il en est l'un des artisans de l'ombre, nourri par la sensibilité éclectique d'A$AP Yams, imprégnée de l'esthétique Tumblr. « Je le voyais traîner à Inglewood avec les Bloods alors qu'il était le seul Portoricain du groupe. Puis, l'instant d'après, il était à Atlanta avec Hoodrich Pablo Juan et PeeWee Longway. Ensuite, tu le retrouvais avec 100s [aujourd'hui Kossiko], qui faisait son délire très pimp. Quand Yams est mort, je me suis dit : "Putain, c'est la fin du monde." »
Rennessy a trouvé sa place dans la scène rap du début des années 2010, dans laquelle Yams était si influent, en vendant de la_lean_. « C'était ma façon de faire partie de la culture », dit-il. « Certains membres d'A$AP m'ont contacté et m'ont donné leur sceau d’approbation, du genre "T'es jiggy, tu fais ton truc, t'as du style." »

Selon lui, tout bascule lors d'une soirée baptisée, non sans ironie, Dirty Sprite Night. Il s'y rend avec l'intention de rencontrer Yams, mais les choses ne se passent pas comme prévu. « Ce soir-là, c'était moins gangsta. C'était davantage le côté entrepreneurs, industrie du divertissement. » Au milieu d'artistes reconnus et de figures incontournables du hip-hop new-yorkais, Ren est soudain pris d'un doute existentiel. « C'était la première fois que je me retrouvais entouré de tous ces artistes et influenceurs. Je me suis demandé : "Ren, qu'est-ce que tu fais ici ? À part vendre de la lean, qu'est-ce que tu fais ? C'est qui, Ren ?" » Voyant son hésitation, son cousin le convainc d'acheter un contrôleur DJ chez Guitar Center et d'apprendre à mixer par lui-même.

Après une brève période où les gens sur Internet se sont fâchés parce qu'il traînait publiquement avec des membres d'A$AP Mob tout en ressemblant vaguement à A$AP Yams, Ren commence à graviter autour de la génération suivante du street rap le plus tourné vers la mode, aux côtés d'artistes comme UnoTheActivist, Bloodydior ou Lil Yachty. En parallèle, il poursuit son travail en coulisses, sort les projets d'artistes qu'il apprécie et multiplie les incursions dans la scène rap avant-garde d'Atlanta. À la fin de la pandémie, il collabore déjà avec Surf Gang pour organiser des soirées.

Ren et Xav se sont rencontrés pour la première fois alors qu'ils étaient tous deux bookés pour jouer lors d'une rave non autorisée au milieu de la forêt à Inwood le jour de l'anniversaire de Ren. « Cette nuit-là était tellement dingue », raconte Ren. « Je n'arrivais même pas à y croire, le sol tremblait putain. Il était trois heures du matin, Xavier était déchaîné. Il portait cette casquette de camionneur, un peu à la Pharrell. Je me suis dit : "C'est qui, ce type ? Il a un style de dingue." »

Avec dix ans d'écart et une culture du rap underground radicalement différente, Ren explique qu'il a dû prendre le temps de comprendre la musique de Xavier. « Pendant deux nuits, mec, je me suis plongé dans son catalogue. Je me suis servi un énorme verre. J'ai dû revenir dessus pour vérifier que je ressentais vraiment ce que je ressentais. Je me disais : "Non, c'est trop différent." Et pourtant, j'avais envie d'en écouter encore. C'était tellement bon que je me demandais : "Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?" »

Pendant ce temps, Xav et Ren continuaient à être bookés aux mêmes événements, développant leur amitié au fil du temps. « Les propositions de concerts arrivaient directement dans mes messages sur Instagram. C'était trop. J'étais en mode : "Ren, si tu pouvais s'il te plaît m'aider, genre, à gérer tout ça…" »

Ren a également aidé Xav à obtenir un rendez-vous avec un A&R d'un label majeur, et a réussi à déclencher une guerre des enchères en continuant à publier des photos de Xavier devant les bureaux de différents labels sur son Instagram. « J'ai beaucoup fonctionné à l'instinct », raconte Ren. « Honnêtement, impossible de savoir combien de bonnes ou de mauvaises décisions on a prises. »

Je lui explique que, selon moi, il existe une différence générationnelle : les plus âgés ont grandi avec Internet, mais en conservant une frontière plus nette entre la vie en ligne et la vie réelle. « L'amour que Ren et moi on reçoit juste en marchant dans la rue, c'est bien plus qu'un délire Internet », répond Xavier. « Et on bossait dur. À une époque, on donnait des concerts tous les week-ends à New York. » Ils organisaient aussi des soirées au Trans-Pecos, lieu emblématique de la scène DIY de Bushwick. « Au début, c'était des petits événements. On retournait la salle. Quatre ou cinq personnes nous connaissaient grâce à Internet, mais la plupart venaient simplement faire la fête. On organisait des soirées avec des gens comme Lusthill, qui avaient déjà leur public. Puis on a commencé à faire nos propres concerts. Cinquante personnes une semaine. Puis soixante. Soixante-dix. Quatre-vingts. Cent. Et d'un coup, c'est devenu quelque chose. Une vraie communauté s'est créée autour de nous. Ensuite, Internet s'en est emparé. Les gens ont commencé à voir ce qui se passait à New York. »

« C'est un super moment pour New York. Cette année, c'est nous qui gagnons. »

Aujourd'hui, Xaviersobased et Cash Cobain se disputent le titre officieux de rappeur le plus en vue de New York, et la trajectoire de Xav ne cesse de s'accélérer. Depuis la sortie de Xavier, son premier album chez un grand label, en février, il cumule plus d’un quart de milliard d'écoutes sur Spotify, remplit les salles de sa propre tournée et figure en tête d'affiche de plusieurs festivals. Aux côtés de ses proches collaborateurs Nettspend et OsamaSon, il est désormais considéré comme l'un des visages de la nouvelle vague du rap underground américain. Cet automne, il assurera la première partie de Ken Carson lors d'une tournée des arénas, devant des dizaines de milliers de nouveaux fans.

Même si Cash Cobain — le rappeur et producteur du Bronx à l'origine du sexy drill — évolue dans une scène et un univers sonore très différents, Xavier dit se reconnaître en lui. « Ce qu'on a en commun, c'est le plaisir. En ce moment, il sort énormément de musique fun d'ici. » Il cite notamment Rex Maria et Judah Weston, deux rappeurs du Lower East Side qu'il écoute beaucoup ces derniers temps. « C'est un super moment pour New York. » Entre l'euphorie autour des Knicks, l'élection de Zohran Mamdani à la mairie, la Coupe du monde qui arrive en ville et le regain de l'industrie cinématographique locale, « cette année, c'est nous qui gagnons. »

À titre personnel, Xavier apprend encore à composer avec les changements qu'entraîne sa notoriété grandissante. Je lui fais remarquer que beaucoup de jeunes de son âge viennent tout juste de terminer leurs études et découvrent la vie adulte, avec tout ce qu'elle implique en matière d'autonomie et de responsabilités. Je lui demande si sortir un album puis partir en tournée a produit le même effet. « Clairement. Et c'est encore en train d'arriver. J'apprends à vivre dans un logement qui est vraiment le mien, à prendre soin de mon espace et de moi-même sans parents ni colocataires. »

Avant d'emménager il y a quelques mois, il partageait différents appartements avec Ren et un ami. Je lui raconte qu'à son âge, lorsque je vivais à Williamsburg avec trois colocataires, deux autres personnes avaient fini par squatter notre canapé, transformant l'appartement en ce qu'on pourrait charitablement qualifier de site pollué. « Au début, on gardait tout nickel. On était tranquilles. Puis Ren est venu vivre avec nous, il a commencé à entasser des trucs dans le salon, d'autres potes sont passés de plus en plus souvent, on était toujours plus occupés… C'est devenu n'importe quoi. On a fini par partir. »

Ces derniers temps, Xavier dit avoir dû accepter une nouvelle réalité : être rappeur est désormais son métier, et cela implique d'être reconnu dans la rue. « C'est compliqué. Je ne peux même plus aller marcher ou faire du skate sans… » Il s'interrompt. « Enfin, merci à tous ceux qui viennent me dire bonjour. Faites-le, vraiment. C'est juste que chaque fois que je sors, je suis perçu comme un rappeur, comme Xaviersobased. Et parfois, j'ai juste envie d'être tranquille. Dès que j'en ai l'occasion, je me retire un peu. »

Il envisage de passer quelques mois à Los Angeles, simplement pour changer d'air. « Là-bas, c'est plus facile de rester discret. J'aurai plus de temps pour faire des choses qui me font du bien : marcher, aller au gym, ce genre de trucs. »

Il est difficile d'imaginer quelqu'un d'aussi profondément new-yorkais quitter la ville. Mais après tout, rien ne plaît plus aux New-Yorkais que de partir quelque temps… avant d'y revenir. L'idée de vivre dans une ville où tout se fait en voiture lui plaît d'ailleurs beaucoup, ne serait-ce que pour l'intimité que cela procure — et parce que ce sera l'occasion de monter en gamme côté automobile. Il envisage de remplacer sa Mercedes d'entrée de gamme par quelque chose de plus haut de gamme, peut-être une BMW. «Je veux aller vers quelque chose de calme, d'étranger. » J'essaie de le convaincre d'acheter une Volvo et de devenir le premier rappeur à rouler en Polestar. Quand je lui parle de la marque « Swede Speed », il éclate de rire.

« C'est trop génial. »

Drew Millard est un écrivain et producteur originaire de la Caroline du Nord. Il vit à Philadelphie.

  • Par: Drew Millard
  • Photographie: Julius Frazer
  • Date: 27 juillet 2026